Paul Krugman

De tous les prix Nobel, c’est celui d’économie qui m’a le plus interpellé. Souvent attribué à un ou à plusieurs chercheurs américains, celui de 2008 revient au professeur d’économie à l’université de Princeton, ouvertement à gauche et par ailleurs éditorialiste au New York Times : Paul Krugman. Il m’est parfois arrivé de lire une de ses chroniques dans le journal cité. Il est souvent incisif et pertinent dans son propos. A la fin du mois d’août, je lisais les bonnes feuilles de son dernier opus « L’Amérique que nous voulons », parues dans Le Monde daté du 26 août 2008. Trois propos avaient retenu mon attention :

L’argent est la colle forte du conservatisme de mouvement, essentiellement financé par une poignée de super-riches et un certain nombre de grandes entreprises qui ont quelque chose à gagner à la montée de l’inégalité, à la suppression de la fiscalité progressive, à l’abrogation de l’Etat-providence – bref, à un New Deal à l’envers. Revenir à la période antérieure aux politiques économiques qui limitent l’inégalité est, au fond, la raison d’être du conservatisme de mouvement.

(…)

Un message crucial de ce livre risque de mettre mal à l’aise de nombreux lecteurs : la grande raison de ce qui est arrivé au pays où j’ai grandi, c’est le racisme. C’est à cause de l’héritage de l’esclavage, le péché originel de l’Amérique, que nous sommes la seule économie avancée qui ne garantit pas les soins médicaux à ses citoyens. C’est à cause de l’hostilité des Blancs au mouvement des droits civiques que les Etats-Unis sont le seul pays avancé où un grand parti politique veut abroger l’Etat-providence.

(…)

Le conservatisme de mouvement a encore l’argent de son côté, mais cela n’a jamais suffi. Si tout reste possible dans l’élection présidentielle de 2008, on peut raisonnablement imaginer qu’en 2009 les Etats-Unis auront un président démocrate et une majorité démocrate solide au Congrès. De plus, si cette nouvelle majorité existe, elle sera beaucoup plus cohérente idéologiquement que la majorité démocrate des deux premières années de Bill Clinton, qui était une alliance difficile entre des libéraux du Nord et des conservateurs du Sud.

D’où la question : cette nouvelle majorité, que doit-elle faire? Ma réponse : elle doit, pour le bien du pays, suivre une politique résolument progressiste. Expansion de la sécurité sociale et réduction de l’inégalité. Un nouveau New Deal. Le coup d’envoi de ce programme, l’équivalent de la Caisse des retraites publiques au XXIe siècle, doit être l’assurance-maladie universelle – que tous les autres pays avancés ont déjà.

Dans son dernier propos, j’abondais pleinement dans son sens, au travers de mon message du 8 septembre où je mettais en évidence un possible « Obama, l’homme du New Deal ? » Vivement que son dernier ouvrage soit dans ma bibliothèque.

___

(Photo : AP)

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2 Réponses to “Paul Krugman”

  1. Jumeaux ? « Le blog de Yv (3) Says:

    […] avant-hier, une autre idée me traverse l’esprit ! A chaque fois que je vois Paul Krugman (récent nobélisé en économie), je ne peux m’empêcher de me dire : Mais il ressemble à […]

  2. Anonyme Says:

    KaKa

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