Posts Tagged ‘Afrique’

90 enfants enlevés en RDC

septembre 26, 2008

C’est l’information qui m’a le plus touché durant cette semaine. Malheureusement, on n’en fait pas grand cas dans les médias, dont on pourrait se poser la question sur son rôle de pression lorsque pareil fait survient. Mais cela mériterait un autre débat.

Le mercredi 17 septembre 2008, 90 enfants ont été enlevés dans l’Est de la République Démocratique de Congo par les rebelles ougandais de la LRA* (Lord’s Resistance Army). Un chef de village et deux missionnaires italiens ont également été les sujets de cette triste pratique. Depuis ce jour, l’Unicef et l’ONU tentent d’obtenir (sans contre-partie) la libération de ces enfants. La Belgique a condamné ces agissements. S’ils n’étaient pas libérés, les garçons risqueraient d’être enrôles contre leur gré dans les rangs de ce mouvement armé et les filles d’être soumises à d’atroces violences. Hier soir, j’étais en contact avec une personne concernée professionnellement par cet événement. Celle-ci m’informait que pour l’instant les négociations se poursuivent. Elle me disait également que ces négociations pouvaient prendre peu comme beaucoup de temps et qu’elles n’impliquaient jamais de rançons.

Dans un communiqué publié à la fin du mois de juin à Genève, l’UNICEF révélait que le nombre d’enfants enlevés s’accroissait durant le premier semestre 2008. Concomitamment, l’ONU adoptait la résolution 1820 qui protège les civils, notamment les femmes et les filles, contre toutes formes de violence sexuelle en temps de guerre. L’inhumanité se rappelle parfois à nous. Je prie pour et j’espère pouvoir revenir un jour sur cette information pour vous annoncer de meilleures nouvelles.

* Source RTBF : La CPI, basée à La Haye, a lancé en 2005 des mandats d’arrêts internationaux contre le chef de la LRA, Joseh Kony, et trois de ses commandants, recherchés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Ils sont accusés de viols, mutilation de civils, enrôlement d’enfants et du massacre de milliers de personnes pendant la rébellion contre le gouvernement ougandais lancée en 1988.

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Sortie de crise au Kenya

mars 2, 2008

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On ne peut que se réjouir de cette excellente nouvelle provenant tout droit du Kenya et parue dans la presse dès vendredi. Kofi Annan a réussi à arracher un accord de paix entre le Président Mwai Kibaki (Kikuyu) et son opposant Raila Odinga (Luos). Celui-ci prévoit un partage du pouvoir entre le président contesté pour des fraudes aux dernières élections et son adversaire à ces mêmes élections.

Kibaki conserverait la plus haute responsabilité de l’Etat. Odinga se verrait octroyer une fonction de Premier ministre, qui n’existe pas dans l’actuelle constitution. Pour y parvenir, cette dernière sera soumise à révision via amendements qui seront votés par le Parlement le 6 mars. Il était temps d’arriver à pareille solution car la situation politique et sociale semblait, chaque jour passant, de plus en plus incertaine. D’autant que le rapport du 21 février portant sur la question kenyane de l’International Crisis Group n’était pas des plus rassurants. Celui-ci prévoyait, en cas de non arrangement de la crise, un élargissement de la situation de violence dans la province de la côte (cf. les pages 15 et 16 du rapport ayant pour titre « Coast Province: The next theatre of violence?).

Au-delà de ce partage du pouvoir, les Kenyans seront amenés à trouver de nouvelles solutions dans la lutte contre les inégalités qui sont importantes dans ce pays. Le Kenya ne peut se permettre une nouvelle crise. Car comme le soulignait très bien la conclusion du rapport cité plus haut : « Le Kenya est la plate-forme pour des opérations de soutien en Somalie et au Soudan, un asile pour des réfugiés dans toute de la région, un entrepôt régional, et une ancre principale pour la stabilisation à long terme du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi. La paralysie de son infrastructure priverait ces pays de l’accès aux produits de base, réduirait les opportunités commerciales, entraverait l’investissement extérieur et entraînerait une détérioration de la croissance économique . »

Le choc kenyan

janvier 30, 2008

LeMondePage3 Le29.01.08

Les pages 3 et 4 (la première étant saisissante, cf. photo) du Monde daté d’aujourd’hui portaient sur les violences qui secouent le Kenya depuis un mois. Mais que s’y passe-t-il ?

Le Kenya est l’un des pays les plus prospères du continent africain, comme l’indiquent différents révélateurs tels que son taux de croissance (6,5 % en 2007), le développement de ses services (entre autres ses banques, son tourisme, sans compter ses 200 sièges régionaux de multinationales) et de ses produits largement ouverts à l’exportation (son thé, ses légumes, son café, son pétrole raffiné, ses fleurs coupées). Forte d’une population de 34 millions d’habitants (les prévisionnistes portent l’estimation a hauteur de 37 millions à l’horizon 2050), cet état d’Afrique de l’Est est en proie à de violents désordres interethniques sans précédents. Les deux ethnies principales, les Kikuyus et les Luos s’opposent sur fond de disparité sociale et de leadership de l’une sur l’autre. En décembre dernier, la réélection du président Mwai Kibaki (Kikuyu), entâchée de fraudes, faisait l’objet d’une forte contestation des tenants (Luos) de son opposant Raila Odinga. Il s’en est suivi des heurts importants. Le 31 décembre 2007, on pouvait dénombrer des centaines de morts. La problématique était suffisamment importante pour alerter la communauté internationale, cette dernière mettant ainsi sur pied une médiation africaine qui malheureusement échouait en début de ce mois. Pis, la situation s’envenime. Alors que certains groupes Luos s’en prenaient mortellement à leurs compatriotes Kikuyus dans la vallée du Rift (à l’ouest du pays), le phénomène inverse apparaît dans d’autres régions du pays; comprenez des groupes Kikuyus portent atteinte à la vie de Luos. Aujourd’hui, la crise kenyane a engendré plus de 1000 morts et 250.000 déplacés.

On annonçait en début de soirée la médiation de Kofi Annan au travers de pourparlers entre Kibaki et Odinga. Ils se doivent de trouver une solution rapide à cette situation de chaos, sous peine pour le monde de revivre une nouvelle tragédie ethnique qui ne profiterait à personne.

The Constant Gardener

janvier 28, 2008

The Constant Gardener

Ce lundi soir, je regardais sur La Une (RTBF) l’excellent The Constant Gardener, basé sur un roman de John Le Carré*. Sans avoir lu l’ouvrage, on peut parier, tellement j’ai trouvé l’opus de très bonne facture, qu’il a été correctement transposé à l’écran. Le film est haletant, (sur)prenant, très bien documenté et faisant écho, en toile de fond, aux problèmes que connaît le continent Africain et même s’il date de 2005 nous ramenant encore aujourd’hui à de tristes réalités. On peut citer parmi les thématiques traités : l’utilisation par certaines entreprises pharmaceutiques d’une partie de la population de ces pays comme « échantillon » de nouveaux vaccins, ce qui ne va pas sans risque et sans poser des questions d’ordre éthique. La thématique du sida y est également évoquée et je n’ai pas pu m’empêcher de penser au Swaziland, un Etat africain où presque un jeune adulte sur deux est touché par le virus, facteur amplifiant le nombres d’enfants orphelins. La fin du film renvoie explicitement à la problématique du Darfour. J’en parlais il y a deux ans, peu de changements entre-temps, ou plus justement ils ont été poussifs, malgré une « opinion publique » relativement favorable à une intervention dans la région.

*Cela me donnant envie de lire le dernier.