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Hillary Clinton secrétaire d’Etat

novembre 22, 2008

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Je vous l’annonçais en milieux de semaine (ici), ce sera officiel au plus tard après Thanksgiving (tout un symbole) tombant le 27 novembre.

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(Source : The New York Times / Photo : Reuters)

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Hillary Clinton en premier choix

novembre 19, 2008

Elle est le premier choix de Barack Obama. En effet, le vendredi 14 novembre à Chicago, on peut clairement avancer qu’Hillary Clinton se serait vu proposer le poste de secrétaire d’État. Depuis ce jour, les spéculations vont bon train. Il est évident que l’ancienne candidate à la Maison blanche donnerait son consentement à une telle nomination. L’accord aurait pu être vite réglé. Mais un problème de taille subsiste dans la nomination d’Hillary Clinton et il a pour seul prénom celui de son mari : Bill !

Conflit d’intérêts et transparence

Monsieur Clinton a créé une association : la William J. Clinton Foundation. Celle-ci est active dans différents domaines tels que : la lutte contre le sida, la lutte contre le changement climatique, le développement agricol dans certains états africains,… La William J Clinton Foundation reçoit des dons ayant pour source des personnes privées, des enteprises et des institutions publiques. Au moins ces deux dernières constituent l’obstacle. Selon le New York Times, l’année passée, cette fondation s’est vue octroyer des fonds provenant de la famille royale saoudienne, du roi du Maroc, d’une fondation liée aux Émirats Arabes Unis et des gouvernements du Koweït et du Qatar.

Le conflit d’intérêts est évident. Comment Madame Clinton pourrait exercer une mission diplomatique indépendante lorsque la fondation de son mari dépendrait de subsides de pays avec lesquels elle interagirait. De fait, la condition majeure pour que l’ancienne First Lady entre au gouvernement serait que les époux fassent montre de transparence financière et par extension que Bill Clinton dévoile l’identité de ses donateurs.

Sous la tutelle de Biden !?

Quel retournement de situation. Le poste le plus convoité des USA n’est pas loin d’être détenu par celle qu’on attendait le moins. Deux anciens ambassadeurs des État-Unis à l’ONU que sont Bill Richardson et Richard Holbrooke (un des principaux artisans des négociations de paix en Bosnie-Herzégovine) auraient largement mérité pareille promotion. Les noms de deux poids lourds du Parti démocrate étaient également avancés : John Kerry et Al Gore. Le premier cité est candidat, pour ce qui est du second cela me semble peu probable. Il est intéressant de constater que Barack Obama choisisse une personne qui s’est affichée plus pro-israélienne que lui. Obama ayant joué habilement sur les deux tableaux (à la fois pro-israélien et plus conciliant que d’autres à l’égard du monde arabe, pour plus de détails voir ici).

Cela étant, la ou le prochain secrétaire d’Etat devra composer avec Joe Biden, le nouveau Vice-Président (VP), « expert » en politique internationale et ancien président du Comité des affaires étrangères du Sénat. Il aura clairement (et plus que d’autres anciens VP) son mot à dire dans les orientations diplomatiques des État-Unis, ce en respectant la chaîne de commandement typiquement américaine : Président – VP – secrétaire d’État.

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(Photo : John Moore/Getty Images)

Quoi de neuf au Parti Démocrate ?

avril 17, 2008

Quoi de neuf au Parti démocrate américain depuis mon dernier message du 21 mars ? Barack Obama domine au niveau national. La courbe des sondages s’est inversée en sa faveur (entre le 20 et le 21 mars), ce quelques jours à peine après qu’il ait prononcé son discours sur une Amérique multiraciale (le 18 mars) !

Ces derniers jours, l’écart n’a cessé de se creuser et on enregistrait hier (le 16 avril) un rapport Obama/Clinton de 50 % contre 42 %. La semaine prochaine, l’un des derniers grands Etats, la Pennsylvanie comportant 188 délégués, sera le théâtre des prochaines primaires. Les derniers sondages continuent à y donner Madame Clinton gagnante de quelques points.

Obama mène toujours dans la course aux délégués, celui-ci bénéficiant de l’appui de 1632 délégués, contre 1489 pour Hillary Clinton. Pour rappel, le meilleur des candidats démocrates doit obtenir 2025 des 4049 délégués, et parmis ceux-ci 794 doivent être des supers délégués. La prévision d’une course au finish reste d’actualité. On devrait attendre au plus tôt et officieusement le 3 juin (jour des dernières primaires du Montana et du Dakota du Sud) afin de connaître le leader démocrate.

Ainsi soit-il. Même si quelques-un au sein du Parti rêveraient d’un arbitrage interne. Il se chuchote que certains verraient d’un bon oeil un groupe de sages composé d’Al Gore, de Jimmy Carter, de Nancy Pelosi, de Howard Dean et de John Edwards trancher une bonne fois pour toute ce duel fratricide vu comme le début d’un suicide collectif avant la campagne présidentielle. Le scénario de l’arbitrage des expérimentés me semble peu probable. Le système de démocratie interne propre aux partis américains me semblant trop bien huilé, le respect du calendrier devrait l’emporter sur l’envie d’une clarification sur le nom de l’adversaire de John McCain. Vivement la fin de cette séquence !

Obama en difficulté

mars 21, 2008

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Que se passe-t-il aux Etats-Unis depuis le dernier message posté sur ce blog. Que de suspens ! Hillary Clinton a réussi à renverser la tendance. Elle a été victorieuse dans trois des quatre Etats conviés aux primaires démocrates du 4 mars, parmi lesquels les plus importants : l’Ohio et le Texas. Mieux, elle a réussi à passer outre les facteurs qui pouvaient précipiter sa chute. Par rapport au facteur générationnel, elle a réussi à fortement mobiliser et à emporter le vote des plus de 60 ans. Barak Obama a conservé son soutien chez les 18 – 29 ans et chez les 30 – 49 ans, mais cela n’a pas suffit. Pour ce qui est du facteur économique, Hillary Clinton a su se montrer plus convaincante et elle a réussi à capter de façon très favorable le vote ouvrier. A priori, le facteur du renouveau n’a pas cette fois-ci plus joué en la faveur d’Obama que de Clinton.

A la suite de ces élections, Obama a continué à remporter des Etats (le Wyoming et le Mississippi). Malgré sa légère avance sur sa rivale et au train où se déroule la campagne, beaucoup d’observateurs émettent l’avis d’un probable règlement de la candidature lors du vote des supers-délégués, ces 795 grands électeurs qui sont censés (à moins d’une énorme surprise) transposer quasi mécaniquement le choix majoritaire des votants des Etats qu’ils représentent, durant la Convention Nationale Démocrate qui se tiendra du 25 au 28 août à Denver. A fortiori, ce au plus tard sans attendre la Convention, nous connaîtrions officieusement le nom du candidat Démocrate à l’aune de la dernière primaire qui se tiendra le 7 juin à Porto Rico.

Ainsi l’incertitude reste de mise. D’autant que la courbe des intentions de vote entre Obama et Clinton continue à faire des chassés-croisés, la dernière étant actuellement favorable à l’ancienne First Lady. Mais je ne cesserais jamais assez de le répéter, l’inhérente volatilité des sondages étant ce qu’elle est,… prudence !

Cette campagne est longue et elle est marquée par une hyper médiatisation propre à la société américaine. Les tensions et la rudesse des propos échangés entre les deux candidats sont réels. Pour ne rien arranger, dans le registre de la dramatisation, Obama qui semblait être en odeur de sainteté médiatique se voit questionné par la presse sur des sujets d’ordre religieux et/ou communautaires. Cette investigation serait-elle fomenté par le clan Clinton ? Nul ne le sait. Toujours est-il que le dernier exemple en date aurait pu être particulièrement gênant pour Monsieur Obama. La presse lui demandait de clarifier sa position à l’égard de son ancien pasteur, le révérend Jeremiah Wright (de la Trinity United Church of Christ à Chicago), ce dernier ayant prononcé un discours raciste à l’égard de la communauté blanche en appuyant son propos par un retentissant « Dieu maudisse l’Amérique ».

A tout cela, Obama a apporté une réponse a priori importante. Le 18 mars, il a prononcé un discours que d’aucuns considèrent comme le meilleur qu’il ait exposé durant sa carrière. Il a fermement condamné les mots employés par son ancien pasteur et il a mis clairement et intelligiblement en évidence une Amérique blanche et noire, multiraciale, pourfendant et bannissant ainsi le racisme. Dans une interview accordée à Anderson Cooper (CNN), il a maintenu son propos, pis il a enfoncé le clou en répondant à son intervieweur « Je pense absolument qu’une partie de son propos était antipatriotique ou contraire à l’intérêt américain (unamerican). » Sur cette affaire, sa rhéthorique est sans équivoque tout en restant subtile. Car en disant cela, il ne coupe pas définitivement les ponts avec l’homme à qui il doit beaucoup en terme d’apport spirituel.

Cette nouvelle séquence met une lumière crue sur des problèmes de fonds, ceux de la discrimination, que (espérons-le) un des deux candidats démocrates s’emploiera à réduire, dans le cas bien entendu où l’une ou l’autre soit élu président. L’un des meilleurs éditorialistes du New York Times, Nicholas D. Kristof ne s’y trompe pas en affirmant dans sa dernière chronique (datée du 20 mars) que : « Tout ceci démontre qu’un dialogue national sur la race est douloureux, maladroit et essentiel. Et ce dialogue ne doit pas se focaliser sur des morceaux de vieux sermons de Monsieur Wright mais sur des défis bien plus pressants – par exemple, celui-ci : environ la moitié des hommes noirs ne reçoivent pas un diplôme du secondaire. »

En guise de conclusion personnelle, je reste persuadé qu’avec Barak Obama élu à la présidence, les Etats-Unis entreraient (en terme de politique intérieur) dans une nouvelle ère, celle d’une Amérique plus généreuse, transcendant les aspects communautaires et tendant vers une réduction des discriminations et des inégalités sociales. Pourvu que cet épisode lui permette de rebondir très prochainement.

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P.-S. : Pour multiplier les angles, je vous recommande chaleureusement le dernier post de Laurent Bouvet : cliquez ici.

Tournant démocrate aux USA ?

février 29, 2008

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Un nouveau vent soufflerait-il sur les Etats-Unis ? Du Super Mardi jusqu’à aujourd’hui, on peut constater que Barak Obama n’a cessé d’enchaîner les victoires face à sa concurrente dans les différents Etats concernés par les primaires. Il a engrangé onze victoires sur onze possibles depuis le Super Tuesday. Pis pour l’ex First Lady, on constate tendanciellement, ce durant une bonne partie de ce mois, un inversement de tendance, lisez : une légère majorité des votants adhérent à la candidature d’Obama. Une adhésion qui s’exprimerait même au niveau national, Obama étant gratifié pour la première fois dans les sondages d’une victoire sur McCain. Bien entendu, les précautions d’usage sont de rigueur. Nous sommes face à des enquêtes d’opinion, par définition elles seront encore volatiles entre leurs prochaines vagues et les quatre primaires du 4 mars, dont les Etats de l’Ohio et du Texas décideront probablement, de façon cruciale, du destin présidentiel d’Hillary Clinton.

Quels facteurs expliquent un tel revirement de situation qui pourraient s’accentuer et s’avérer défavorable à Madame Clinton ?

(1°) Un facteur générationnel : C’est un des éléments qui fera le plus pencher la balance en faveur de l’un des deux candidats démocrates. Actuellement, Hillary Clinton n’arrive pas à capter suffisamment les voix des 18 – 29 ans (20 % du corps électoral) et des 30 – 49 ans. Pour l’instant, ce sont ces deux tranches d’âges qui délaissent massivement Clinton pour Obama. Si elle n’arrivait pas à renverser cette tendance de fond lors des prochaines échéances, elle s’approcherait dangereusement de la défaite. C’est cette double catégorie d’électeurs qui va jouer le rôle clé du « départage ».

(2°) Un facteur économique : La situation étant peu favorable aux USA et la majorité de la population croyant peu en une amélioration, l’électorat démocrate manifeste plus de crédit à celui qui est le plus marqué à gauche. Or, sur la question essentielle des soins de santé, Clinton est plus à gauche qu’Obama. La première souhaitant instituer un système universel alors que son rival ne se prononce pas favorablement sur une assurance-maladie obligatoire pour tous les américains, mais bien pour un système écartant ceux ne pouvant se l’octroyer; laissant ainsi sur le côté quelques 15 millions de personnes (aujourd’hui 47 millions d’Américains en sont exclus). Si Clinton veut revenir, elle devrait mieux exploiter cet argument. A moins que, malgré ses efforts, son argument de justice social serait incroyablement moins audible face à ceux de son adversaire.

(3°) Le facteur du renouveau : L’argument du manque d’expérience, du manque de connaissance approfondie des arcanes du pouvoir par son rival tant de fois rabâcher par Clinton ne prend pas. Bien plus largement et comme souvent aux Etats-Unis, c’est l’image d’un leader charismatique incarnant la vision la plus en phase avec la société américaine qui l’emporte. Pour l’instant, elle a beaucoup de mal à l’incarner.