Posts Tagged ‘Crise financière’

RECESSION

octobre 17, 2008

Le mot a été glissé sur ce blog dans deux ou trois messages depuis deux semaines, on n’y échappera pas en Belgique (prévue pour la fin de l’année), la France est déjà en plein dedans et elle guette une bonne partie du monde (surtout les pays occidentaux, par contre la Chine carburera à 9,3% de croissance pour 2009). La récession arrive ! On la sent venir dans certains commerces. Elle commence à s’intégrer dans toutes les discussions. Le FMI a en fait un rapport complet sans être volumineux, dont vous pouvez prendre connaissance ICI. Pour ceux qui passent leur tour, je vous laisse son résumé analytique :

L’économie mondiale s’engage dans une récession majeure face à la crise la plus grave sur les marchés financiers arrivés à maturité depuis les années 30. Un ralentissement sensible de la croissance mondiale est prévu en 2008 et un léger redressement n’apparaîtrait que plus tard en 2009. L’inflation est élevée, sous l’effet de la montée en flèche des cours des produits de base, mais elle devrait ralentir. La situation est exceptionnellement incertaine et risque sérieusement de se dégrader. Dans l’immédiat, il s’agit de stabiliser la situation financière, tout en gérant prudemment les économies pendant une période de ralentissement et en maîtrisant l’inflation.

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(Cartographie : Le Monde daté du 17 octobre 2008)

Révolution financière européenne ?

octobre 16, 2008

Serait-ce une révolution dans le monde bancaire et financier ou juste un écran de fumée. Certains diront seul le temps nous le dira. Personnellement, je pencherais pour la première proposition. Hier soir, Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso tenaient une conférence de presse importante au siège de la Commission. Pour la première journée du sommet de l’UE se déroulant à Bruxelles, les 27 ont approuvé le plan d’aide au secteur financier annoncé dimanche.

Les conséquences les plus importantes de ce bouleversement sont :

1°) En proposant de réformer les règles comptables internationales actuelles (IFRS et IAS ) applicables aux banques européennes, l’UE rendraient ces dernières moins vulnérables en cas de crise, contrairement à ce qui est le cas actuellement.

2°) En renforçant la supervision et la réglementation du secteur financier européen. De quelle manière, ça on ne le sait pas encore. Mais cette crise semble avoir démontré la nécessité absolue d’y voir plus clair dans l’état des comptes de nos banques et d’agir si nécessaire afin d’éviter qu’elles prennent des risques inconsidérés, susceptibles de conduire à une (potentielle) crise. On peut penser et/ou espérer que la titrisation à outrance vit probablement ses derniers jours.

3°) En mettant fin à la pratique des parachutes dorées. Mais là encore des interrogations subsistent sur l’application de cette règle. Dont les principales peuvent être formulées comme suit : est-ce que cela vaudra uniquement jusqu’au retrait de l’État dans le capital des banques ? Le simple fait d’assurer la garantie de dépôts bancaires implique-t-il en contrepartie la fin des parachutes dorée pour les dirigeants de ces « institutions » ?

La plus grande ironie dans tout cela est qu’une grande majorité de chefs d’État et de gouvernement (de fait) orientée à droite applique un programme social-démocrate. C’est en quelque sorte l’Europe à l’envers et c’est a priori tant mieux.

Normes IFRS et IAS : Au coeur des critiques, les normes comptables dites IAS ou IFRS (International Financial Reporting Standards) (…) A chaque clôture de comptes trimestriels, les entreprises cotées doivent désormais reconnaître les pertes « potentielles » des titres qu’elles détiennent. A commencer par les banques, en vertu de la norme IAS 39 sur la comptabilisation des actifs et passifs financiers. (…) Lorsque les marchés dévissent, le mécanisme montre ses limites : il contraint les banques à traduire immédiatement dans leurs comptes la baisse des actifs qu’elles possèdent au lieu de leur laisser la possibilité d’étaler le choc dans le temps. Au risque d’exposer leurs bilans et leurs résultats à une très forte volatilité et, au final, d’aggraver la crise. (Extraits de l’article d’Alexandre Counis, « Bruxelles lance cette semaine la réforme des normes comptables », Les Echos daté du 13/10/08, p. 4)

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(Photo : Reuters)

Le plan de sauvetage européen

octobre 13, 2008

La photo ci-dessus est celle du G4 qui s’est tenu le week-end précédent à Paris, à l’initiative de Nicolas Sarkozy. A ses côtés, Merkel, Brown, Berlusconi, Barroso, Juncker et Trichet semblaient un peu perdu, ce au sens propre comme au sens figuré. Une semaine après, soit le dimanche 12 octobre 2008, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro ainsi que le Britannique Brown consacraient en grande partie le dernier principe strauss-khanien (cf. mon message du 10 octobre).

Les États s’engagent :

1°) à garantir les prêts interbancaires afin de mettre fin à crise de liquidité et

2°) à assurer la recapitalisation des banques qui seraient dans le besoin.

Coût de ce plan de sauvetage qui est indispensable pour redonner de la confiance aux parties impliquées sur l’état du marché : 1700 milliards d’euros. Cela justifie bien des mines plus décontractées des principaux protagonistes de ce plan (photo ci-dessous).

Strauss-Khan et la crise

octobre 10, 2008

Ça continue à craquer de partout aux USA et en Asie : Tokyo (- 10,64 %), Hong Kong (- 7,7 %), New York (- 7,33 %), Bangkok (- 7,27%). Alors que ça dégringolait moyennement hier en Europe : Bruxelles (- 3,75%), Francfort (- 2,53 %), Paris (- 1,55 %), Londres (- 1,21 %).

L’irrationalité continue à faire sa loi sur le marché. Cela à un tel point qu’elle pousse les économies des pays occidentaux tout droit vers la récession. On annonce une fin d’année et une année 2009 difficiles, avec une double conséquence à la clé : un ralentissement de l’activité économique et des incertitudes croissantes sur le marché de l’emploi, mais on éviterait la dépression (ayant des conséquences plus grave avec une forte augmentation du chômage).

Où va l’économie occidentale ? Vers sa perte diront certains. Vers plus de régulation du système bancaire et financier et tendant vers une nationalisation du système bancaire à terme, c’est souhaitable. Un sommet extraordinaire du G8 (probablement élargi) est nécessaire ! Il pourrait se tenir la semaine prochaine. Son rôle devrait être inédit. Il résiderait dans le fait de rassurer définitivement les marchés en consacrant probablement ce principe de régulation et de nationalisation.

Selon le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, l’économie pourrait connaitre une amélioration à la moitié de l’année 2009. Mais cette amélioration a un prix. Ce jeudi, il affirmait que :

La coopération et la coordination sont le prix du succès. Toutes les formes de coopération doivent être recommandées. Tout action solitaire doit être évitée, voire condamnée. (…) J’appelle les pays européens à travailler ensemble. Il n’y pas de solution nationale dans une crise comme celle-ci.

A l’intérieur de la crise immobilière

octobre 8, 2008

D’une crise immobilière, on est passé à une crise bancaire qui s’est aggravée en une crise boursière. Mais arrêtons nous un instant sur la genèse de la crise des pays riches (ou plus précisément sur sa première conséquence directe) qui occupe nos pensées actuellement. En 2007, on estimait à près de trois millions le nombre de foyers américains qui étaient touchés par la crise des subprimes et ceux-ci étant concrètement en situation de défaut de paiement. Evidemment, cela on ne s’oublie pas et c’est la raison de cet « instantané » d’aujourd’hui. Une image valant mieux que tous les discours, c’est cette photo d’Anthony Suau qui m’a interpellé ce week-end en parcourant Le Monde 2 et ayant pour légende :

Darin Roseberry, 46 ans, locataire, payait son loyer… mais son propriétaire ne remboursait plus son prêt, et le logement a été saisi. Darin a été expulsé avec ses deux filles, Ayuaunie, 1 an et demi, et Denise 20 ans. Leurs affaires ont été jetées sur le trottoir. Après une nuit dans le trottroir, ils se sont rendus dans un centre d’aide catholique, le 26 mars.

Une guerre peut engendrer des dommages collatéraux. Une crise le peut également et nous le constatons chaque jour. Mais plus fondamentalement, cette crise a appauvri une partie non négligeable du peuple américain et au-delà des réflexions et des analyses que nous avons ces derniers jours, nous ne l’oublions pas.

La crise, what else ?

octobre 7, 2008

Ce mardi, j’évite de traiter de la crise financière car on n’arrête pas d’en parler entre nous, dans les médias et j’en passe. Je n’ai jamais traité autant de sujets économiques de ma vie, comme quoi le sujet est préoccupant. Je crois d’ailleurs que cela apparaît clairement sur ce blog. Pour les avides de nouvelles, je les laisse en bas de ce message, en post-scriptum.

Mais qu’écrirais-je alors ce soir ?

La photo parle d’elle même. Je ne suis pas un pro-marketing, ni un amoureux du principe de la fidélisation, ou plus largement, encore moins un matérialiste, mais je trouve que cette marque de café que je ne présente plus fait fort avec ses clients. Quelle surprise ce matin en ouvrant ma boîte à message et surtout en lisant ce mail :

Nespresso vous propose une expérience unique et totalement inédite.

Parce que vous êtes membre du Club, vous avez le privilège de pouvoir décider quel sera le prochain film avec George Clooney.

Découvrez en avant-première exclusive sur notre site 2 films avec chacun une fin différente et choisissez celui que vous préférez.

Personnellement, j’ai choisi la première vidéo que j’ai trouvé trop marrante. Mais a priori, la seconde à plus de succès selon les derniers votes (64%).

P.-S. : Le Bel 20 a clôturé en nette baisse de 2,29 %, tiré vers le bas par KBC (-15,01 %) et Dexia (-12,46 %). L’action Fortis est suspendue pour une durée indéterminée. L’économie belge sera en récession à la fin de cette année. L’étude d’ING, « Focus on the Belgian economy » annonce une croissance négative du PIB aussi bien au troisième qu’au quatrième trimestre (Source : Le Soir).


Fortis ou la déchéance de Lippens

octobre 6, 2008

Ce sont les deux informations qui ont bousculé le monde financier belge ce week-end.

La première est la cession des activés bancaires et assurances hollandaises de Fortis ainsi que la banque ABN AMRO à l’État hollandais. La seconde a été apprise dans la soirée de dimanche. Fortis passe sous contrôle français, la banque belge étant rachetée par la BNP Paribas.

La BNP prend 75% des parts de Fortis Belgique et 66% de celles de Fortis Luxembourg. C’est un échec et mat cuisant pour Maurice Lippens (en photo), qui a été le principal architecte du groupe Fortis ainsi que de sa stratégie (achat de ABN AMRO, investissements dans des titres en rapport avec les subprimes). Il est passé de la success-story belge à la perte d’identité de la plus importante banque du pays. Lui qui voulait en faire un grand du monde financier sur la scène européenne, Fortis passe du statut d’une des 20 plus importantes banques européennes à celle d’une filiale de la BNP.

Pour le symbole c’est évidemment dommage, mais au-delà de cela, vous me diriez (et j’abonde en votre sens), tant que cela maintient des emplois,… Maintenant, était-il vraiment nécessaire que l’Etat se désengage aussi vite ? La question reste posée.

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Source AFP : L’opération sera financée en actions du groupe BNP Paribas, dans le capital duquel la Belgique montera à hauteur de 10%, pour une valeur boursière estimée à 6,5 milliards d’euros. Le gouvernement luxembourgeois sera quant à lui présent à concurrence de 1,4% dans BNP Paribas.

Yv, keynésien ? Et vous ?

octobre 2, 2008

Avec toute cette crise financière, finalement et mon raisonnement tient en une simple question : n’est-ce pas Keynes qu’on devrait enfin « réhabiliter » dans notre économie (belge, européenne, mondiale) ?

Que dit Keynes ? J’en résume la pensé via cet extrait d’Alternatives Économiques  H.S. Pratique n° 31 (en page 16) : « Le marché livré à lui-même n’est pas autorégulateur, il engendre des crises et des dépressions. Le salut du système capitaliste réside alors dans la capacité de l’État à relancer l’activité économique, en maniant les taux d’intérêt et la dépense publique. Bref, le marché a besoin de l’intervention publique. »

En ce sens oui, je suis keynésien. Et vous ?

Le cas Dexia

octobre 1, 2008

La situation semblait critique. On en a vu des acteurs politiques et économiques entrer dans nos salons ce mardi soir, ne fusse qu’en regardant le journal télévisé belge de la RTBF et celui de France 2. Dans le premier, on a vu défilé le Premier ministre Yves Leterme et le président démissionnaire de Dexia Axel Miller. Dans le second, on avait le président de la BCE Jean-Claude Trichet.

Après le mauvais cocktail Fortis qui a impliqué l’heureuse entrée du Benelux dans son capital à hauteur de 11,2 millliards €, c’est au tour de Dexia de se voir secourir par la Belgique, la France et le Luxembourg, en augmentant leur part dans son capital via l’injection de 6,4 milliards €.

Le cocktail Dexia est assez proche de celui de Fortis (explicité dans mon précédent message). (1°) Une acquisition de FSA (une institution américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit) qui s’est avérée empêtrée dans les subprimes (encore eux) auquel s’ajoute (2°) des spéculateurs à l’affût d’un nouveau coup financier. L’addition de ces deux ingrédients entraîne la panique dans les marchés et des problèmes de liquidité pour l’entreprise. La diminution d’argent disponible dans les caisses en espèce et en terme d’actions (par la chute vertigineuse de son cours) la rendait plus vulnérable à un certain terme. Histoire d’anticiper l’effet néfaste des rumeurs sur la solidité financière de la banque, les États se devaient de réagir.

3 leçons sont à retenir :

– Les subprimes font plus de mal que prévu en frappant deux banques de dépôt de niveau international qui se sont brûlées les doigts à force de trop se diversifier.

– On doit repenser le rôle de l’État dans les entreprises. C’est bien beau de privatiser, mais je persiste à croire que cela ne constitue pas un mal que l’État (même minoritaire) soit actionnaire dans certaines grandes entreprises, cela peut notamment permettre d’éviter certaines erreurs stratégiques aux conséquences parfois désastreuses.

– Le président du FMI Dominique Strauss-Khan a raison en disant dans une interview qu’il accordait au JDD ce dimanche :

Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela (NDBdYv : conduire une régulation renforcée de la finance mondiale). Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d’un bien public global: la stabilité financière, au service de l’économie. En 1944, ce qui menaçait, c’était l’anarchie monétaire. Aujourd’hui, il faut faire face, en plus, à l’anarchie financière: l’opacité, la cupidité, l’irresponsabilité d’un système qui s’est developpé sans rapport avec l’économie réelle… La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique.

Nationalisation

septembre 30, 2008

N

Aujourd’hui on peut entrer un nouveau mot dans le Dico Pol 2008 du blog.

Nationalisation : n.m., en politique économique, ce mot désigne le fait que l’État par (r)achat de parts devienne propriétaire exclusif ou partiel d’une entreprise privée, ce qui en change de fait la nature,  cette dernière ayant subi le transfert de son capital du privé au public ou (c’est le cas de pour Fortis) l’entrée de l’État dans son capital.

N.B. : Pour éviter tout débat sémantique, j’ai privilégié une définition au sens large.

Commentaire : Quand rien ne va plus, le privé est obligé de se tourner vers l’Etat. N’en déplaise au néolibéraux, c’est la revolución !!! C’est la folle et plus qu’intéressante leçon de cette crise dont personne ne voit la fin. On l’a vu aux Etats-Unis (avec un plan de sauvetage qui a été rejeté par les républicains, ce au moment où j’écris ces lignes), on le voit dans nos contrées. Le contexte économique morose lié aux effets des subprimes et les investissements qu’elle y a consacrés (Fortis a perdu 2 milliards € dans ces opérations), la forte indigestion d’une acquisition (ABN AMRO) plombant un peu plus ses comptes, des spéculateurs jouant avec le feu cela entraînant une irrationnalité dans le marché,…  Ce sont les principaux ingrédients constituant le cocktail ayant fait plonger le cours de la banque belge Fortis à son plus bas historique et qui oblique la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg à intervenir afin d’éviter le pire. Nul ne sait de quel avenir sera fait demain. Mais il va s’en dire que si les prédictions de Soros devaient s’avérer justes, sans vouloir tomber dans un catastrophisme, on assisterait peut-être à un basculement dans l’histoire économique mondiale jamais atteint auparavant.

Au milieu de la crise

septembre 18, 2008

La crise financière n’est pas encore passée et on ne sait pas quand elle sera terminée. Ça dépose le bilan, ça se fait racheter et cela fait paniquer les bourses du monde entier. Temporairement, je sèche pour donner un avis précis sur la question (le temps me manquant). Cela étant, je vous laisse le propos de George Soros qui disait hier matin sur France Inter : « Je crains que nous soyons encore en plein milieu de la crise, que nous nous enfoncions dans la crise, nous n’en sortons pas. Cette société d’assurance était simplement un incident, mais il y en a d’autres à venir. »