Posts Tagged ‘social-démocratie’

PS, l’épilogue

novembre 26, 2008

Avant de prononcer son discours, Martine Aubry était allée embrasser Ségolène Royal, assise, impassible, au premier rang du palais de la Mutualité. (Source : AFP & Reuters)

C’était déjà hier. C’était le soir suivant la décision du Conseil national du Parti socialiste de valider l’élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire (à 159 voix pour, 76 contre et 2 abstentions). Finalement 102 voix séparent la « gagnante » de la « perdante » ! Les guillemets sont de rigueur car on peut justement se demander qui est vraiment gagnante et qui est réellement perdante dans cette affaire. J’aurais tant aimé vous laisser cette embrassade paradoxale et insolite, mais vous vous contenterez de celle qu’adressait 4 jours avant ladite « perdante » à Claire Chazal.

P.-S. : D’ici à la fin de cette semaine, comme je l’avais promis il y a quelques jours, je reviendrais plus largement sur le PS français via une modeste analyse.

___

(Photo : Reuters)

PS, le mauvais scénario

novembre 22, 2008

C’est le scénario qu’on n’attendait pas. C’est celui que même le plus mauvais des scénaristes n’aurait jamais imaginé. Royal / Aubry, c’est fifty-fifty. Sur 67.413 voix, la première obtient 50,02 %, et la seconde en remporte 49,98 %. Plus parlant est le fait de dire que 42 voix font l’infime différence entre les deux candidates.

Le parti est coupé en deux.

Aubry réclame la victoire, Royal la conteste en envisageant d’user de tous les recours qui lui sont ouverts dans le parti. Il faut absolument trouver une solution de rassemblement et s’entendre sur le nom de quelqu’un qui puisse joindre les deux camps, car les socialistes ne peuvent pas se payer le luxe de déchirements internes pendant des jours, voire des semaines, ne fusse qu’au regard du contexte national et du de la situation international. Ma petite solution serait que les deux femmes se réunissent pour désigner « un troisième homme » faisaint la synthèse entre les deux motions, même s’il est marqué royaliste, un Vincent Peillon ferait l’affaire. On peut rêver. On peut aussi imaginer une Aubry secrétaire nationale flanquée de deux adjoints royalistes : Valls et Peillon.

Je limite mes hypothèses à ces deux-ci. Soit dit en passant, objectivement, c’est un demi échec pour Aubry qui n’a pas réussi à additionner tous les reports de voix des militants des motions d’Hamon et de Delanoë et de fait un demi gain pour Royal qui a bénéficié durant toute la campagne d’une dynamique relativement importante, sans que celle-ci soit décisive.

A suivre,…

Un premier secrétariat pour trois

novembre 17, 2008

Le mauvais show continue ! Finalement, l’égo aura primé sur l’esprit de synthèse et c’est franchement navrant. Il n’est pas glorieux ce congrès de Reims. On a trois candidats au poste de premier secrétaire : Aubry, Hamon et Royal. Le jeudi 20, ce sera aux militants du PS de trancher. Je ne sais pas pourquoi mais je sens Ségolène Royal l’emporter, même si (perso) des trois ma préférence irait à Martine Aubry. Mais on peut souligner qu’il y a deux chances sur trois qu’un grand parti soit dirigé par une femme, c’est rare et c’est le seul élément positif qu’on puisse retenir de cet épisode.

___

(Photos AFP/Getty Images/Reutes)

En attendant le congrès de Reims

novembre 14, 2008

Synthèse ou non ? Le débat pour le leadership du PS commence aujourd’hui. En effet le congrès de Reims va débuter ce vendredi. Sur le fond, Royal, Delanoë, Aubry sont réformistes et européens. Ils ont malgré quelques nuances pleines de sens une vision sociale-démocrate. Soit Ségolène Royal arrive à faire la synthèse autour de son nom, soit ce sera le tout sauf Ségolène qui sera de mise (Delanoë + Aubry + Hamon), soit la même configuration que la dernière citée avec Delanoë en ni oui ni non (Royal vs Aubry + Hamon / Delanoe neutre). Bref, c’est la pagaille mon général ! LBdY (3) revient sur le sujet après clarifications, dimanche soir ou lundi. Après ce sera aux militants de choisir, le 20 novembre.

___

(Photo : Reuters)

Parti Socialiste (1ère partie)

novembre 12, 2008

Ségolène Royal veut prendre la tête du parti

Mercredi, enfin Yves aborde le sujet délicat du congrès de Reims et plus globalement de l’avenir du PS français.

Hier ou avant-hier, je vous aurais annoncé que Vincent Peillon était bien parti pour être le premier secrétaire du parti. Aujourd’hui, la situation a changé. Ségolène Royal a réfléchi et elle va annoncer aujourd’hui ou demain son intention de briguer la direction du PS. Le choix des motions par les adhérents, c’était la partie idéologique, la partie certainement la plus intéressante. Le choix du premier secrétaire, c’est la partie tactique, plus centrée sur les personnes.

En optant pour sa propre candidature, Ségolène Royal enterre les ambitions des quadras, comme c’est de tradition dans un parti incapable de faire preuve d’audace en donnant les rênes à une nouvelle génération. Peillon, Montebourg, Valls, Caresche, Gorce (autrement dit les bébés Jospin) devront attendre d’être cinquantenaire pour passer au premier plan. Car prendre la tête du parti, c’est inévitablement prendre une option sur les élections présidentielles de 2012. L’une des explications de la victoire de Royal est justement celle d’avoir réussi à réunir cette « jeune » génération autour d’elle. Implicitement, le fait que sa motion soit passée en tête du vote des militants était une manière de lui dire : place aux « jeunes » ! Elle va à l’encontre de ce message et personnellement je trouve cela dommage.

Royal prend la décision la plus tactique de sa carrière : devenir première secrétaire pour maîtriser le parti et plus que jamais consolider son statut de candidate potentielle pour 2012. Elle va également à l’encontre de Gérard Collomb et Jean Noël Guerrini, ses principaux soutiens à la signature de sa motion E. Ces deux derniers sont les présidents des deux plus puissantes fédérations régionales du PS. Il y avait un deal entre eux qu’on peut exposer comme suit : tu cèdes le secrétariat national à autrui et on te soutient corps, âmes et fédérations pour 2012. La donne aurait changé.

Passera-t-elle ? Probablement. Sauf si tous ses adversaires se décidaient à se liguer contre elle durant le congrès. Bref, les négociations vont bon train. Comme vous avez pu le constater en titre, vous aurez droit très prochainement à d’autres épisodes concernant le PS, notamment un traitant des aspects idéologiques.

___

(Photo : Getty Images)

Royal en tête avec sa motion

novembre 7, 2008

Breaking news : C’est l’information qui va faire du bruit chez les socialistes voire dans la gauche française. La motion de Ségolène Royal est arrivée en tête du vote des militants (à hauteur de 29%, quatre points devant celle de Delanoë et celle d’Aubry), ce dans l’optique à la fois de définir l’orientation idéologique du PS et (surtout) de la désignation de son nouveau premier secrétaire national. Ce succès constitue une surprise mais à moitié, car on entendait depuis quelques jours la possible désignation à la tête du parti (après tractations) de l’excellent Vincent Peillon (royaliste / il est à gauche de Royal sur la photo). Je reviendrai la semaine prochaine sur le sujet, avec une modeste analyse, à quelques jours du congrès de Reims.

___

(Photo : AP)

Léger avantage pour Obama

septembre 8, 2008

Enfin nous y sommes. Barack Obama et John McCain ont été « adoubés » tour à tour lors de la convention organisée par leur parti respectif. Chaque convention a été un moment important pour chaque candidat dans la conquête de l’électorat américain.

McCain drague sa droite

John McCain s’était positionné tout au long de sa campagne dans le rôle d’un franc-tireur centriste. Durant la convention du Parti républicain, il a opéré un léger virage  en donnant des gages à la droite républicaine via le choix de sa colistière Sarah Palin (gouverneur de l’État de l’Asaska). Il était frappant de voir que cette dernière n’avait pas besoin durant la convention républicaine de s’étendre sur ses convictions. Son CV relayé par les médias parlait pour elle : pour la poursuite de la réduction des impôts (qui a surtout profité aux plus riches sous l’ère Bush), hostile à l’avortement, pour l’enseignement du créationnisme à l’école. A priori, Mc Cain veut jouer sur les deux tableaux : clairement à droite en ne concédant rien sur la thématique des « valeurs » qui avait tellement bien réussi à Bush en 2004, et ostensiblement au centre en jouant le rôle de rassembleur, dépassant les dogmes partisans sur certains sujets de société. Cela malgré quelques opinions tranchées qu’il affiche, telle celle en matière d’immigration (John McCain est opposé à toute régularisation massive).

Obama, l’homme du New Deal ?

La convention du Parti démocrate était teintée d’émotions au travers du vibrant discours de Ted Kennedy. Elle était aussi l’occasion de faire la démonstration de l’unité du parti. Les époux Clinton n’ont fait montre d’aucune ambiguïté dans leur soutien à l’égard de Barack Obama. Le choix de Joe Biden à la vice-présidence est judicieux à plus d’un titre. Fort de son expérience à la présidence du Comité des affaires étrangères au Sénat, il tort le coup à tous ceux qui utilisaient l’argument d’inexpérience d’un éventuel leadership démocrate à la tête du pouvoir exécutif. Biden permet également à Obama de mieux capter les voix des cols bleus et des personnes âgées plus enclines à voter Clinton et qui suite à sa défaite étaient plus séduits par le discours de McCain.

Obama imprime le tempo dans cette campagne. Il se déclarait l’homme du changement, McCain l’a suivi dans cette rhétorique en se déclarant comme tel dernièrement. Contrairement à 2004, la thématique des valeurs ainsi que celle de la guerre en Irak prennent moins d’importance. Les aspects intérieurs, plus précisément ceux sociaux et économiques prévalent. Barack Obama se prononce pour une relance de l’économie par des investissements publics dans les sources d’énergies renouvelables et par la réduction des impôts pour 95% des membres des foyers exerçant un emploi. Il propose également d’augmenter les impôts de ceux qui gagnent plus de 250.000 $ annuellement. D’un point de vue social, il se prononce pour un meilleur système de santé, qui serait meilleur marché et accessible à tous, tendant ainsi vers un système de couverture maladie universelle. De facto, Barack Obama prône la vision d’une Amérique capable de surmonter la crise économique, prompte à réduire les inégalités. Autrement dit, sans qu’il l’ait dénommé ainsi, le candidat démocrate pourrait instaurer une sorte de « New Deal » du 21ème siècle. C’est pour tous cela que je pense qu’Obama dispose d’un léger avantage sur son adversaire et que malgré toutes les variations de sondages que l’on connaîtra d’ici au 4 novembre, il l’emportera sur McCain.

Léger avantage pour Obama dans les sonsages

Il reste à Barack Obama deux mois pour convaincre et tous les indicateurs semble tourner (pour l’instant) en sa faveur. Les derniers sondages donnent Obama légèrement en tête par rapport à McCain (47% contre 45% selon le dernier barômètre Gallup daté du 6 septembre). Il l’emporterait notamment chez les hispaniques et chez les femmes. Par contre, il est clairement devancé par McCain auprès des cols bleus et des hommes blancs. Pour ce qui est des personnes âgées, les deux candidats sont au coude à coude dans la dispute de cet électorat. Pour autant son avance reste faible, donc rien n’est acquis pour le candidat démocrate.

Et si c’était Martine ?

septembre 1, 2008

Et pourquoi pas finalement. Si le prochain premier secrétaire du Parti socialiste qui sera désigné au congrès de Reims en novembre devait être une femme, idéalement Martine Aubry !? J’avoue que personnellement elle a ma préférence et évoquer cette hypothèse n’est pas une chimère, même si Martine Aubry ne s’est pas encore offciellement déclarée candidate. Certes, les derniers sondages la classe troisième, respectivement derrière Bertrand Delanoe et Ségolène Royale.

L’université d’été de La Rochelle de ce dernier week end n’a pas décisivement permis de faire bouger les lignes en faveur du maire de Lille. Cela étant, un mouvement stratégique intéressant s’y est opéré. Outre le soutien déjà acquis de la puissante fédération du Nord, Martine Aubry a « engrangé » ceux de nombreux fabusiens, de quelques strauss-khaniens dont le plus important est celui Jean-Christophe Cambadelis (et la nuance est importante car elle avait besoin de tous ceux-ci) ainsi que celui d’Arnaud Montebourg.

Sur le fond, elle est autant jospinienne que Delanoe. Leurs visions politiques se rejoignent (globalement). Sur la forme, elle semble la jouer plus collective que son pair. Matthieu Croissandeau du NouvelObs la définit comme une « Femme de conviction, ouvertement réformiste mais ancrée à gauche, élue locale à l’envergure nationale, assez forte pour s’imposer mais pas assez pour inquiéter. Sur le papier, elle a le profil idéal. » Les prochaines semaines seront crutiales en terme de négociations internes et de rebondissements dans l’optique du congrès qui désignera celle ou celui incarnant assurément un nouveau leadership au sein du parti. Aubry pour peser plus lourd dans la bataille attend plus que probablement le désistement de Moscovici entrainant de facto un raliement à sa cause des deux principaux soutiens de ce dernier à savoir le maire de Lyon Gérard Collomb et le président du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini. Vivement Novembre.

Un vent de gauche souffle sur les municipalités

mars 16, 2008

toulouse.png

Je ne boude pas mon plaisir en écrivant que c’est une vague rose qui déferle sur les municipalités françaises. Le rapport de force gauche/droite est de 49,5%/47,5%. La gauche triomphe dans des villes où elle n’était pas aux commandes : à Amiens, à Caen, à Reims, à Saint-Etienne et surtout à Strasbourg et à Toulouse. D’autres villes conservent leur ancrage socialiste : à Lille (où Martine Aubry est plus qu’honorablement réélue) à Pau (où Bayrou perd son pari) et à Périgueux (où le ministre Xavier Darcos échoue).

Avec la confirmation d’une avance confortable des socialistes à Paris et à Rennes, tout en tenant compte de la ville de Lyon acquise au premier tour, la gauche et le PS l’emporte dans la majorité des grandes villes de plus de 20.000 habitants, la droite conservant uniquement Bordeaux (dès le premier tour) et Marseille.

Trois enseignements s’imposent :

En terme de lecture locale, les grandes villes françaises changent. Ces élections amplifient fortement la légère tendance remarquée aux municipales de 2001 selon laquelle les grandes villes (qui évoluent et) tendent, au travers du vote des électeurs, vers une gestion municipale de gauche. Avec des scores majoritaires dans les grandes villes, victorieux aux cantonales et depuis 2004 gestionnaires dans la quasi totalité des régions, le Parti Socialiste et ses alliés accroissent leur expertise locale. Il reste intéressant de constater que la relation la plus direct (politiquement parlant) élu/électeur leur est favorable.

En terme de lecture nationale, la droite sarkoziste se voit opposer un double avertissement. D’abord, le taux d’abstention est un révélateur important du relatif mécontentement d’une partie de la population lorsque celui-ci reste important. Dans le cas de ces municipales, les 34,5% d’abstentionnistes lancent un signal fort à Nicolas Sarkozy. Ensuite, ce basculement de la majorité municipale d’un camp à un autre n’est pas anodin; je rappelle que 1/3 des électeurs a orienté son vote en fonction d’une lecture nationale du scrutin. Quelles sont les raisons profondes de ce double avertissement : un style présidentiel qui irrite, doublé d’une incapacité à répondre à l’amoindrissement du pouvoir d’achat des classes populaires et d’une partie des classes moyennes ainsi que celui des retraités. Le plus inquiétant est que la droite semble, via les premières réactions de ses leaders, quelque peu minimiser l’impact de ces élections et ne pas entendre les doléances mentionnées ci-dessus.

Pour le Parti Socialiste, ces élections municipales et ces élections cantonales ouvrent l’écriture d’un nouveau chapitre, celui de la confirmation (dans le cas de l’ex candidate Ségolène Royal et celui de l’actuel premier secrétaire François Hollande) ou de la désignation (de Bertrand Delanoe) du nouveau leader du parti. En corollaire, il s’agira de travailler sur le corpus idéologique du parti tout en clarifiant son orientation en répondant à la question suivante : le PS doit-il tendre vers le centre-gauche ou marquer un positionnement de « gauche moderne » à la fois unie, sociale, écologiste, moderne et dépourvue de discours ambigu.

Zapatero II

mars 12, 2008

zapateroroses.jpg

Ce n’est pas la majorité absolue qu’il obtient, mais le socialiste José Luis Zapatero (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) se voit octroyer de la part des électeurs un second mandat important. Sur base d’un bilan économique intéressant (une croissance oscillant entre 3 et 4 % durant son mandat), d’une baisse significative du chômage (de 11,5 millions à 8,6 millions), de prises d’initiatives courageuses (la promotion de la parité, la régularisation massive des immigrés,…), Zapatero a su insuffler à son pays de nouvelles raisons de croire et de se projeter en un avenir meilleur.

Cette victoire marque clairement une accentuation de la bipolarisation de l’échiquier politique espagnol. Le PSOE remporte au Congrès 169 députés (+ 5) sur 350; contre 153 (+5) pour le Parti Populaire (PP / droite). Cela au détriment des petits partis. A ce propos, Zapatero ne pourra pas se passer du parti nationaliste basque (PNV) et/ou du parti nationaliste catalan (CiU) pour faire adopter par le Parlement des réformes importantes, les voix de son allier traditionnel l’IU (la Fédération écolo-communiste) ne suffisant pas à la constitution d’une majorité confortable (comprenez absolue).

La situation économique actuelle s’essoufflant, l’économie espagnole s’appuyant largement sur le développement immobilier (construction + vente) et le tourisme, Zapatero devra lutter contre une baisse du PIB prévue pour 2008, une remontée du chômage et un pouvoir d’achat qui s’érode. Il devra également permettre à l’Espagne d’évoluer avec son temps en investissant d’une façon plus importante que jamais dans le domaine de l’enseignement et celui de la recherche. Il s’y est engagé durant la campagne des législatives. Enfin, Zapatero aura aussi à répondre à la question d’autonomie des régions (le modèle confédéral et le modèle fédéral s’affronteront). Nul doute qu’il s’agit bien du dossier le plus brûlant et le plus passionnel qui demandera à lui et à son gouvernement un sens particulièrement « aigu » de la juste mesure.

Un peu, beaucoup, passionnément (de gauche) ?

mars 9, 2008

rouen.jpg

La France et l’Espagne étaient les deux pays à surveller de près en Europe d’un point de vue électoral via respectivement des élections municipales et des élections législatives.

En France, on est dans le registre du un peu préfigurant peut-être le beaucoup (comprenez la vague rose) ! Le premier tour conserve son lot de variables intéressantes à analyser. Même si on ne peut pas se prononcer de façon définitive sur les résultats de ces élections, la gauche confirme une bonne poussée dans plusieurs grandes villes. Le maire socialiste sortant Gérard Collomb est victorieux à Lyon. La ville de Rouen bascule en étant remportée au premier tour par la députée socialiste Valérie Fourneyron. La gauche a la faveur des électeurs, comprenez qu’elle est en ballottage favorable, dans différentes grandes villes française telles que Paris, Lille, Strasbourg, Rennes, Caen et Reims. L’incertitude reste de mise tellement les écarts sont minimes entre les deux camps à Marseille, Toulouse, Saint-Etienne et Pau.

Que peut-on tirer comme premiers enseignements : 1°) La gauche profite d’une poussé municipale réelle et non négligeable (au contraire de la tentative de minimisation de la droite, mais cela relève du jeu politique). 2°) Même si les enjeux locaux ont lourdement pesé sur chaque ville, il faut souligner que presque un tiers des français ont voté en terme national plutôt que local. 3°) De facto, l’un dans l’autre, on peut entrevoir au travers de ce premier tour le début d’un désaveux de la politique sarkozyste. Celui-ci sera infirmer ou confirmer au travers des résultats du second tour. 4°) Le MoDem de François Bayrou jouera encore un rôle d’arbitre dans beaucoup de villes où rien n’est joué. A priori, Bayrou ne semble pas prêt à s’orienter sur sa droite ou sur sa gauche. Il joue le remake de 2007 en ne donnant pas de consignes de vote et en privilégiant les éventuelles unions en fonction de la situation locale. Le second tour nous permettra d’y voir plus clair et d’affiner le propos dans se qui pourrait être le second signal d’alerte envoyé par les Français à Nicolas Sarkozy, consécutif aux mécontentements nationaux perceptibles via le climat social (grèves, manifestations,…) et le dévissage de sa côte de popularité. 5°) A noter un phénomène intéressant dans ce type d’élections, les percées du parti d’extrême gauche d’Olivier Besancenot : la LCR.

Côté espagnol, la tendance est a priori passionnément rouge ! Au moment où j’écris ces lignes, les socialistes (PSOE) de José Luis Zapatero l’emporterait sur la droite. A priori, un second succès pour Zapatero que je commenterais plus largement dans la nuit de mardi à mercredi.

Tournant démocrate aux USA ?

février 29, 2008

hillaryfamily.jpg

Un nouveau vent soufflerait-il sur les Etats-Unis ? Du Super Mardi jusqu’à aujourd’hui, on peut constater que Barak Obama n’a cessé d’enchaîner les victoires face à sa concurrente dans les différents Etats concernés par les primaires. Il a engrangé onze victoires sur onze possibles depuis le Super Tuesday. Pis pour l’ex First Lady, on constate tendanciellement, ce durant une bonne partie de ce mois, un inversement de tendance, lisez : une légère majorité des votants adhérent à la candidature d’Obama. Une adhésion qui s’exprimerait même au niveau national, Obama étant gratifié pour la première fois dans les sondages d’une victoire sur McCain. Bien entendu, les précautions d’usage sont de rigueur. Nous sommes face à des enquêtes d’opinion, par définition elles seront encore volatiles entre leurs prochaines vagues et les quatre primaires du 4 mars, dont les Etats de l’Ohio et du Texas décideront probablement, de façon cruciale, du destin présidentiel d’Hillary Clinton.

Quels facteurs expliquent un tel revirement de situation qui pourraient s’accentuer et s’avérer défavorable à Madame Clinton ?

(1°) Un facteur générationnel : C’est un des éléments qui fera le plus pencher la balance en faveur de l’un des deux candidats démocrates. Actuellement, Hillary Clinton n’arrive pas à capter suffisamment les voix des 18 – 29 ans (20 % du corps électoral) et des 30 – 49 ans. Pour l’instant, ce sont ces deux tranches d’âges qui délaissent massivement Clinton pour Obama. Si elle n’arrivait pas à renverser cette tendance de fond lors des prochaines échéances, elle s’approcherait dangereusement de la défaite. C’est cette double catégorie d’électeurs qui va jouer le rôle clé du « départage ».

(2°) Un facteur économique : La situation étant peu favorable aux USA et la majorité de la population croyant peu en une amélioration, l’électorat démocrate manifeste plus de crédit à celui qui est le plus marqué à gauche. Or, sur la question essentielle des soins de santé, Clinton est plus à gauche qu’Obama. La première souhaitant instituer un système universel alors que son rival ne se prononce pas favorablement sur une assurance-maladie obligatoire pour tous les américains, mais bien pour un système écartant ceux ne pouvant se l’octroyer; laissant ainsi sur le côté quelques 15 millions de personnes (aujourd’hui 47 millions d’Américains en sont exclus). Si Clinton veut revenir, elle devrait mieux exploiter cet argument. A moins que, malgré ses efforts, son argument de justice social serait incroyablement moins audible face à ceux de son adversaire.

(3°) Le facteur du renouveau : L’argument du manque d’expérience, du manque de connaissance approfondie des arcanes du pouvoir par son rival tant de fois rabâcher par Clinton ne prend pas. Bien plus largement et comme souvent aux Etats-Unis, c’est l’image d’un leader charismatique incarnant la vision la plus en phase avec la société américaine qui l’emporte. Pour l’instant, elle a beaucoup de mal à l’incarner.

Il Professore tombe

janvier 26, 2008

italiemauvaischampagne.jpg

Proportionnelle, proportionnelle, tu mets la pagaille en Italie ! Depuis jeudi soir, le gouvernement de Romano Prodi (Il Professore) n’est plus, après avoir été sanctionné par un rejet du vote de confiance au Sénat, celui-là même faisant suite à la démission du ministre de la Justice Clemente Mastella, ce membre du parti centriste catholique étant le sujet d’une enquête pour corruption (au même titre que son épouse et des élus de sa formation). Le plus pénible dans cette histoire, c’est que le gouvernement Prodi est (en partie) poussé à la sortie par la composante centro-catholique de l’Olivier (l’Union de la gauche) qui sanctionne ainsi le supposé manque de solidarité de ses membres alors même qu’on se trouve dans une affaire relevant de la tricherie présumée !

On assiste probablement à un tournant dans l’histoire de la vie politique italienne. Prodi, l’antithèse berluscolienne, a confirmé qu’il ne se présentera plus à la présidence du Conseil.

Deux scénarios sont possibles :

  1. Le plus probable, selon les voeux du président de la République Giorgio Napolitano, est la constitution d’un gouvernement institutionnel, transitoire et probablement d’union national, à tous le moins regroupant les deux grandes tendances politiques du pays. Ce dernier jèterait les bases d’une réforme du mode de scrutin, réduisant la part de proportionnelle dans une loi électorale favorisant aujourd’hui la représentation de 32 partis au Parlement.
  2. Le plus ardemment souhaité par Silvio Berlusconi étant l’organisation de nouvelles élections, tous les sondages donnant largement victorieuse sa coalition.

Quid pour le Parti démocrate (Democratici di Sinistri ==>DS) de Prodi ? Fruit de la fusion, le 27 octobre 2007, entre les communistes « réformés » du Parti Démocrates de gauche et du parti centriste La Marguerite, DS assurait le leadearship sur les autres partis de la coaltion de centre-gauche. Il était même érigé en modèle de la social-démocratie européenne. Cette jeune formation connaît aujourd’hui sa première crise, qui a priori, renforce son dirigeant et actuel maire de Rome Walter Veltroni au détriment d’Il Professore. Il sera intéressant de voir comment DS évoluera dans l’optique d’une réforme de la loi électorale faisant la part belle au système majoritaire.

Mais au-delà des défauts à corriger dans la loi électorale, la classe politique devra répondre rapidement à deux attentes prioritaires des italiens : réhausser le pouvoir d’achat et redynamiser l’économie du pays.