Posts Tagged ‘Strauss-Khan’

Strauss-Khan côté face

octobre 20, 2008

Il fallait que cela arrive. En traiter ou ne pas en traiter sur ce blog ? Pertinent ou pas ? Qui est derrière la fuite de cette histoire ? A priori ce serait le mari trompé. Et voilà c’est lâché ! On arrête là les frais. Enfin presque. Tant qu’il n’y a pas l’ombre d’une preuve d’un abus de pouvoir de la part du Directeur Général du FMI, on ne peut rien reprocher à Dominique Strauss-Khan et s’exprimer sur une affaire relevant du cadre strictement privé équivaudrait bien entendu au jugement, ce que je me garderais de faire. Par contre, si la preuve d’un abus dans les affaires publiques était apportée, la condamnation morale irait de soit (entraînant probablement sa démission). Mais on semble loin de ce cas de figure, en tous cas pour l’instant. Dommage que cette histoire « éclate » maintenant alors que DSK s’était montré très bien inspiré dans la gestion de la crise actuelle. Dommage.

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(Photo : Reuters)

RECESSION

octobre 17, 2008

Le mot a été glissé sur ce blog dans deux ou trois messages depuis deux semaines, on n’y échappera pas en Belgique (prévue pour la fin de l’année), la France est déjà en plein dedans et elle guette une bonne partie du monde (surtout les pays occidentaux, par contre la Chine carburera à 9,3% de croissance pour 2009). La récession arrive ! On la sent venir dans certains commerces. Elle commence à s’intégrer dans toutes les discussions. Le FMI a en fait un rapport complet sans être volumineux, dont vous pouvez prendre connaissance ICI. Pour ceux qui passent leur tour, je vous laisse son résumé analytique :

L’économie mondiale s’engage dans une récession majeure face à la crise la plus grave sur les marchés financiers arrivés à maturité depuis les années 30. Un ralentissement sensible de la croissance mondiale est prévu en 2008 et un léger redressement n’apparaîtrait que plus tard en 2009. L’inflation est élevée, sous l’effet de la montée en flèche des cours des produits de base, mais elle devrait ralentir. La situation est exceptionnellement incertaine et risque sérieusement de se dégrader. Dans l’immédiat, il s’agit de stabiliser la situation financière, tout en gérant prudemment les économies pendant une période de ralentissement et en maîtrisant l’inflation.

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(Cartographie : Le Monde daté du 17 octobre 2008)

Le plan de sauvetage européen

octobre 13, 2008

La photo ci-dessus est celle du G4 qui s’est tenu le week-end précédent à Paris, à l’initiative de Nicolas Sarkozy. A ses côtés, Merkel, Brown, Berlusconi, Barroso, Juncker et Trichet semblaient un peu perdu, ce au sens propre comme au sens figuré. Une semaine après, soit le dimanche 12 octobre 2008, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro ainsi que le Britannique Brown consacraient en grande partie le dernier principe strauss-khanien (cf. mon message du 10 octobre).

Les États s’engagent :

1°) à garantir les prêts interbancaires afin de mettre fin à crise de liquidité et

2°) à assurer la recapitalisation des banques qui seraient dans le besoin.

Coût de ce plan de sauvetage qui est indispensable pour redonner de la confiance aux parties impliquées sur l’état du marché : 1700 milliards d’euros. Cela justifie bien des mines plus décontractées des principaux protagonistes de ce plan (photo ci-dessous).

Strauss-Khan et la crise

octobre 10, 2008

Ça continue à craquer de partout aux USA et en Asie : Tokyo (- 10,64 %), Hong Kong (- 7,7 %), New York (- 7,33 %), Bangkok (- 7,27%). Alors que ça dégringolait moyennement hier en Europe : Bruxelles (- 3,75%), Francfort (- 2,53 %), Paris (- 1,55 %), Londres (- 1,21 %).

L’irrationalité continue à faire sa loi sur le marché. Cela à un tel point qu’elle pousse les économies des pays occidentaux tout droit vers la récession. On annonce une fin d’année et une année 2009 difficiles, avec une double conséquence à la clé : un ralentissement de l’activité économique et des incertitudes croissantes sur le marché de l’emploi, mais on éviterait la dépression (ayant des conséquences plus grave avec une forte augmentation du chômage).

Où va l’économie occidentale ? Vers sa perte diront certains. Vers plus de régulation du système bancaire et financier et tendant vers une nationalisation du système bancaire à terme, c’est souhaitable. Un sommet extraordinaire du G8 (probablement élargi) est nécessaire ! Il pourrait se tenir la semaine prochaine. Son rôle devrait être inédit. Il résiderait dans le fait de rassurer définitivement les marchés en consacrant probablement ce principe de régulation et de nationalisation.

Selon le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, l’économie pourrait connaitre une amélioration à la moitié de l’année 2009. Mais cette amélioration a un prix. Ce jeudi, il affirmait que :

La coopération et la coordination sont le prix du succès. Toutes les formes de coopération doivent être recommandées. Tout action solitaire doit être évitée, voire condamnée. (…) J’appelle les pays européens à travailler ensemble. Il n’y pas de solution nationale dans une crise comme celle-ci.

Le cas Dexia

octobre 1, 2008

La situation semblait critique. On en a vu des acteurs politiques et économiques entrer dans nos salons ce mardi soir, ne fusse qu’en regardant le journal télévisé belge de la RTBF et celui de France 2. Dans le premier, on a vu défilé le Premier ministre Yves Leterme et le président démissionnaire de Dexia Axel Miller. Dans le second, on avait le président de la BCE Jean-Claude Trichet.

Après le mauvais cocktail Fortis qui a impliqué l’heureuse entrée du Benelux dans son capital à hauteur de 11,2 millliards €, c’est au tour de Dexia de se voir secourir par la Belgique, la France et le Luxembourg, en augmentant leur part dans son capital via l’injection de 6,4 milliards €.

Le cocktail Dexia est assez proche de celui de Fortis (explicité dans mon précédent message). (1°) Une acquisition de FSA (une institution américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit) qui s’est avérée empêtrée dans les subprimes (encore eux) auquel s’ajoute (2°) des spéculateurs à l’affût d’un nouveau coup financier. L’addition de ces deux ingrédients entraîne la panique dans les marchés et des problèmes de liquidité pour l’entreprise. La diminution d’argent disponible dans les caisses en espèce et en terme d’actions (par la chute vertigineuse de son cours) la rendait plus vulnérable à un certain terme. Histoire d’anticiper l’effet néfaste des rumeurs sur la solidité financière de la banque, les États se devaient de réagir.

3 leçons sont à retenir :

– Les subprimes font plus de mal que prévu en frappant deux banques de dépôt de niveau international qui se sont brûlées les doigts à force de trop se diversifier.

– On doit repenser le rôle de l’État dans les entreprises. C’est bien beau de privatiser, mais je persiste à croire que cela ne constitue pas un mal que l’État (même minoritaire) soit actionnaire dans certaines grandes entreprises, cela peut notamment permettre d’éviter certaines erreurs stratégiques aux conséquences parfois désastreuses.

– Le président du FMI Dominique Strauss-Khan a raison en disant dans une interview qu’il accordait au JDD ce dimanche :

Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela (NDBdYv : conduire une régulation renforcée de la finance mondiale). Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d’un bien public global: la stabilité financière, au service de l’économie. En 1944, ce qui menaçait, c’était l’anarchie monétaire. Aujourd’hui, il faut faire face, en plus, à l’anarchie financière: l’opacité, la cupidité, l’irresponsabilité d’un système qui s’est developpé sans rapport avec l’économie réelle… La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique.