Posts Tagged ‘USA’

Obama, les swing States et l’économie

septembre 24, 2008

Breaking news : Ca balance dans la courbe des sondages et sur la carte électorale des États-Unis en faveur de Barack Obama. Évidemment, je ne le dirais jamais assez, une photo instantanée prise à un instant T est commentée sur ce blog, en l’occurrence celle de ces deniers jours. Que nous dit-elle ?

1°) Le dernier sondage Gallup nous donne un léger avantage à Obama, cela à hauteur de 47% contre 44% pour John McCain.

2°) Dans les swing states, ces États où rien n’est fait et où une bonne partie des élections se jouent, ça balance encore plus. Selon la dernière carte du New York Times, sur un besoin de l’obtention du vote de 270 grands électeurs, Obama est légèrement en tête. Selon ces projections, il obtiendrait le soutient de 238 grands électeurs contre 227 pour son adversaire; ce sans qu’il ne puisse être pronostiqué comme vainqueur par ce type de sondage, la variable incertaine des swing states jouant pleinement son rôle.

3°) L’économie est peut-être le tournant qui sera favorable à Barack Obama. La crise financière s’étant accentuée ces derniers jours, celle-ci lui donne raison dans la manière d’appréhender les dossiers économiques et sociaux (au travers d’un État plus présent), McCain semblant en décrochage dans ses réponses apportées (confiance aux marchés et moins d’État).

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11 septembre 2008

septembre 12, 2008

Le temps s’est arrêté sur la campagne présidentielle pour des raisons qui se comprennent logiquement. C’est un moment digne qui se passe de commentaires.

Léger avantage pour Obama

septembre 8, 2008

Enfin nous y sommes. Barack Obama et John McCain ont été « adoubés » tour à tour lors de la convention organisée par leur parti respectif. Chaque convention a été un moment important pour chaque candidat dans la conquête de l’électorat américain.

McCain drague sa droite

John McCain s’était positionné tout au long de sa campagne dans le rôle d’un franc-tireur centriste. Durant la convention du Parti républicain, il a opéré un léger virage  en donnant des gages à la droite républicaine via le choix de sa colistière Sarah Palin (gouverneur de l’État de l’Asaska). Il était frappant de voir que cette dernière n’avait pas besoin durant la convention républicaine de s’étendre sur ses convictions. Son CV relayé par les médias parlait pour elle : pour la poursuite de la réduction des impôts (qui a surtout profité aux plus riches sous l’ère Bush), hostile à l’avortement, pour l’enseignement du créationnisme à l’école. A priori, Mc Cain veut jouer sur les deux tableaux : clairement à droite en ne concédant rien sur la thématique des « valeurs » qui avait tellement bien réussi à Bush en 2004, et ostensiblement au centre en jouant le rôle de rassembleur, dépassant les dogmes partisans sur certains sujets de société. Cela malgré quelques opinions tranchées qu’il affiche, telle celle en matière d’immigration (John McCain est opposé à toute régularisation massive).

Obama, l’homme du New Deal ?

La convention du Parti démocrate était teintée d’émotions au travers du vibrant discours de Ted Kennedy. Elle était aussi l’occasion de faire la démonstration de l’unité du parti. Les époux Clinton n’ont fait montre d’aucune ambiguïté dans leur soutien à l’égard de Barack Obama. Le choix de Joe Biden à la vice-présidence est judicieux à plus d’un titre. Fort de son expérience à la présidence du Comité des affaires étrangères au Sénat, il tort le coup à tous ceux qui utilisaient l’argument d’inexpérience d’un éventuel leadership démocrate à la tête du pouvoir exécutif. Biden permet également à Obama de mieux capter les voix des cols bleus et des personnes âgées plus enclines à voter Clinton et qui suite à sa défaite étaient plus séduits par le discours de McCain.

Obama imprime le tempo dans cette campagne. Il se déclarait l’homme du changement, McCain l’a suivi dans cette rhétorique en se déclarant comme tel dernièrement. Contrairement à 2004, la thématique des valeurs ainsi que celle de la guerre en Irak prennent moins d’importance. Les aspects intérieurs, plus précisément ceux sociaux et économiques prévalent. Barack Obama se prononce pour une relance de l’économie par des investissements publics dans les sources d’énergies renouvelables et par la réduction des impôts pour 95% des membres des foyers exerçant un emploi. Il propose également d’augmenter les impôts de ceux qui gagnent plus de 250.000 $ annuellement. D’un point de vue social, il se prononce pour un meilleur système de santé, qui serait meilleur marché et accessible à tous, tendant ainsi vers un système de couverture maladie universelle. De facto, Barack Obama prône la vision d’une Amérique capable de surmonter la crise économique, prompte à réduire les inégalités. Autrement dit, sans qu’il l’ait dénommé ainsi, le candidat démocrate pourrait instaurer une sorte de « New Deal » du 21ème siècle. C’est pour tous cela que je pense qu’Obama dispose d’un léger avantage sur son adversaire et que malgré toutes les variations de sondages que l’on connaîtra d’ici au 4 novembre, il l’emportera sur McCain.

Léger avantage pour Obama dans les sonsages

Il reste à Barack Obama deux mois pour convaincre et tous les indicateurs semble tourner (pour l’instant) en sa faveur. Les derniers sondages donnent Obama légèrement en tête par rapport à McCain (47% contre 45% selon le dernier barômètre Gallup daté du 6 septembre). Il l’emporterait notamment chez les hispaniques et chez les femmes. Par contre, il est clairement devancé par McCain auprès des cols bleus et des hommes blancs. Pour ce qui est des personnes âgées, les deux candidats sont au coude à coude dans la dispute de cet électorat. Pour autant son avance reste faible, donc rien n’est acquis pour le candidat démocrate.

OBAMA FOR CANDIDATE

juin 5, 2008

« On devrait attendre au plus tôt et officieusement le 3 juin (jour des dernières primaires du Montana et du Dakota du Sud) afin de connaître le leader démocrate » écrivais-je prudemment le 17 avril dernier. Cette fois c’est officiellement que je peux l’écrire : c’est un métisse de 46 ans, incarnant à la fois le rêve américain et le changement, qui sera le leader du Parti démocrate américain. Historique !

Barack Obama attire, il fascine, il fait couler beaucoup d’encre, généralement positivement ou objectivement, bref il ne laisse pas indifférent. Nul besoin de revenir sur les raisons de son succès, pour bien faire je vous renvois à mes précédents messages sur la campagne démocrate. La prochaine étape sur son agenda est la prise de la Maison blanche ! Il est prévu une dizaine de débats télévisés entre Barack Obama et John McCain afin de permettre aux électeurs américains de voir plus clair dans le « jeu politique ». Ces débats auront une importance stratégique non négligeable pour Obama qui devra combler son déficit auprès de deux catégories de l’électorat américain : 1°) le populaire blanc et 2°) celui des personnes âgées. C’est auprès de celles-ci que se jouera une des principales clés des élections présidentielles.

La démocratie américaine est ainsi faite, capable de dégager parmi les politiciens expérimentés un quadragénaire compensant son relatif manque d’expérience par une grande intelligence doublée d’un charisme hors pair. Par ces primaires, les démocrates américains ont démontré leur capacité à se projeter vers une présidence américaine assurée par un homme à la peau noire. L’Amérique toute entière y parviendra-t-elle ? La réponse est fortement attendue le 4 novembre 2008.

Quoi de neuf au Parti Démocrate ?

avril 17, 2008

Quoi de neuf au Parti démocrate américain depuis mon dernier message du 21 mars ? Barack Obama domine au niveau national. La courbe des sondages s’est inversée en sa faveur (entre le 20 et le 21 mars), ce quelques jours à peine après qu’il ait prononcé son discours sur une Amérique multiraciale (le 18 mars) !

Ces derniers jours, l’écart n’a cessé de se creuser et on enregistrait hier (le 16 avril) un rapport Obama/Clinton de 50 % contre 42 %. La semaine prochaine, l’un des derniers grands Etats, la Pennsylvanie comportant 188 délégués, sera le théâtre des prochaines primaires. Les derniers sondages continuent à y donner Madame Clinton gagnante de quelques points.

Obama mène toujours dans la course aux délégués, celui-ci bénéficiant de l’appui de 1632 délégués, contre 1489 pour Hillary Clinton. Pour rappel, le meilleur des candidats démocrates doit obtenir 2025 des 4049 délégués, et parmis ceux-ci 794 doivent être des supers délégués. La prévision d’une course au finish reste d’actualité. On devrait attendre au plus tôt et officieusement le 3 juin (jour des dernières primaires du Montana et du Dakota du Sud) afin de connaître le leader démocrate.

Ainsi soit-il. Même si quelques-un au sein du Parti rêveraient d’un arbitrage interne. Il se chuchote que certains verraient d’un bon oeil un groupe de sages composé d’Al Gore, de Jimmy Carter, de Nancy Pelosi, de Howard Dean et de John Edwards trancher une bonne fois pour toute ce duel fratricide vu comme le début d’un suicide collectif avant la campagne présidentielle. Le scénario de l’arbitrage des expérimentés me semble peu probable. Le système de démocratie interne propre aux partis américains me semblant trop bien huilé, le respect du calendrier devrait l’emporter sur l’envie d’une clarification sur le nom de l’adversaire de John McCain. Vivement la fin de cette séquence !

L’affaire Charles Chatman ou l’importance de l’ADN

mars 25, 2008

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Charles Chatman (48 ans) et son avocat constituaient la première partie de la réponse à la question de jeudi. Charles Chatman a passé 27 longues années en prison. Il a croupi en cellule pour un viol qu’il a clamé ne jamais avoir commis et que la science a pu démontrer en abondant dans le sens du condamné, ce grâce à l’analyse de son ADN. Il a été officiellement disculpé le 27 février 2008.

Ainsi, il est le quinzième prisonnier à avoir été innocenté à la suite de tests de ce genre depuis 2001. Il doit également en partie sa disculpation au juge John Creuzo (en photo, de dos dans les bras de Chatman). Ce dernier a décidé de sa libération le 3 janvier, sur la base des tests ADN. Il est intéressant de voir le rôle tendant vers la prépondérance que jouent ces tests dans le rendu de justice, autant en terme de premier jugement que dans celui de sa révision.

Obama en difficulté

mars 21, 2008

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Que se passe-t-il aux Etats-Unis depuis le dernier message posté sur ce blog. Que de suspens ! Hillary Clinton a réussi à renverser la tendance. Elle a été victorieuse dans trois des quatre Etats conviés aux primaires démocrates du 4 mars, parmi lesquels les plus importants : l’Ohio et le Texas. Mieux, elle a réussi à passer outre les facteurs qui pouvaient précipiter sa chute. Par rapport au facteur générationnel, elle a réussi à fortement mobiliser et à emporter le vote des plus de 60 ans. Barak Obama a conservé son soutien chez les 18 – 29 ans et chez les 30 – 49 ans, mais cela n’a pas suffit. Pour ce qui est du facteur économique, Hillary Clinton a su se montrer plus convaincante et elle a réussi à capter de façon très favorable le vote ouvrier. A priori, le facteur du renouveau n’a pas cette fois-ci plus joué en la faveur d’Obama que de Clinton.

A la suite de ces élections, Obama a continué à remporter des Etats (le Wyoming et le Mississippi). Malgré sa légère avance sur sa rivale et au train où se déroule la campagne, beaucoup d’observateurs émettent l’avis d’un probable règlement de la candidature lors du vote des supers-délégués, ces 795 grands électeurs qui sont censés (à moins d’une énorme surprise) transposer quasi mécaniquement le choix majoritaire des votants des Etats qu’ils représentent, durant la Convention Nationale Démocrate qui se tiendra du 25 au 28 août à Denver. A fortiori, ce au plus tard sans attendre la Convention, nous connaîtrions officieusement le nom du candidat Démocrate à l’aune de la dernière primaire qui se tiendra le 7 juin à Porto Rico.

Ainsi l’incertitude reste de mise. D’autant que la courbe des intentions de vote entre Obama et Clinton continue à faire des chassés-croisés, la dernière étant actuellement favorable à l’ancienne First Lady. Mais je ne cesserais jamais assez de le répéter, l’inhérente volatilité des sondages étant ce qu’elle est,… prudence !

Cette campagne est longue et elle est marquée par une hyper médiatisation propre à la société américaine. Les tensions et la rudesse des propos échangés entre les deux candidats sont réels. Pour ne rien arranger, dans le registre de la dramatisation, Obama qui semblait être en odeur de sainteté médiatique se voit questionné par la presse sur des sujets d’ordre religieux et/ou communautaires. Cette investigation serait-elle fomenté par le clan Clinton ? Nul ne le sait. Toujours est-il que le dernier exemple en date aurait pu être particulièrement gênant pour Monsieur Obama. La presse lui demandait de clarifier sa position à l’égard de son ancien pasteur, le révérend Jeremiah Wright (de la Trinity United Church of Christ à Chicago), ce dernier ayant prononcé un discours raciste à l’égard de la communauté blanche en appuyant son propos par un retentissant « Dieu maudisse l’Amérique ».

A tout cela, Obama a apporté une réponse a priori importante. Le 18 mars, il a prononcé un discours que d’aucuns considèrent comme le meilleur qu’il ait exposé durant sa carrière. Il a fermement condamné les mots employés par son ancien pasteur et il a mis clairement et intelligiblement en évidence une Amérique blanche et noire, multiraciale, pourfendant et bannissant ainsi le racisme. Dans une interview accordée à Anderson Cooper (CNN), il a maintenu son propos, pis il a enfoncé le clou en répondant à son intervieweur « Je pense absolument qu’une partie de son propos était antipatriotique ou contraire à l’intérêt américain (unamerican). » Sur cette affaire, sa rhéthorique est sans équivoque tout en restant subtile. Car en disant cela, il ne coupe pas définitivement les ponts avec l’homme à qui il doit beaucoup en terme d’apport spirituel.

Cette nouvelle séquence met une lumière crue sur des problèmes de fonds, ceux de la discrimination, que (espérons-le) un des deux candidats démocrates s’emploiera à réduire, dans le cas bien entendu où l’une ou l’autre soit élu président. L’un des meilleurs éditorialistes du New York Times, Nicholas D. Kristof ne s’y trompe pas en affirmant dans sa dernière chronique (datée du 20 mars) que : « Tout ceci démontre qu’un dialogue national sur la race est douloureux, maladroit et essentiel. Et ce dialogue ne doit pas se focaliser sur des morceaux de vieux sermons de Monsieur Wright mais sur des défis bien plus pressants – par exemple, celui-ci : environ la moitié des hommes noirs ne reçoivent pas un diplôme du secondaire. »

En guise de conclusion personnelle, je reste persuadé qu’avec Barak Obama élu à la présidence, les Etats-Unis entreraient (en terme de politique intérieur) dans une nouvelle ère, celle d’une Amérique plus généreuse, transcendant les aspects communautaires et tendant vers une réduction des discriminations et des inégalités sociales. Pourvu que cet épisode lui permette de rebondir très prochainement.

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P.-S. : Pour multiplier les angles, je vous recommande chaleureusement le dernier post de Laurent Bouvet : cliquez ici.

Tournant démocrate aux USA ?

février 29, 2008

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Un nouveau vent soufflerait-il sur les Etats-Unis ? Du Super Mardi jusqu’à aujourd’hui, on peut constater que Barak Obama n’a cessé d’enchaîner les victoires face à sa concurrente dans les différents Etats concernés par les primaires. Il a engrangé onze victoires sur onze possibles depuis le Super Tuesday. Pis pour l’ex First Lady, on constate tendanciellement, ce durant une bonne partie de ce mois, un inversement de tendance, lisez : une légère majorité des votants adhérent à la candidature d’Obama. Une adhésion qui s’exprimerait même au niveau national, Obama étant gratifié pour la première fois dans les sondages d’une victoire sur McCain. Bien entendu, les précautions d’usage sont de rigueur. Nous sommes face à des enquêtes d’opinion, par définition elles seront encore volatiles entre leurs prochaines vagues et les quatre primaires du 4 mars, dont les Etats de l’Ohio et du Texas décideront probablement, de façon cruciale, du destin présidentiel d’Hillary Clinton.

Quels facteurs expliquent un tel revirement de situation qui pourraient s’accentuer et s’avérer défavorable à Madame Clinton ?

(1°) Un facteur générationnel : C’est un des éléments qui fera le plus pencher la balance en faveur de l’un des deux candidats démocrates. Actuellement, Hillary Clinton n’arrive pas à capter suffisamment les voix des 18 – 29 ans (20 % du corps électoral) et des 30 – 49 ans. Pour l’instant, ce sont ces deux tranches d’âges qui délaissent massivement Clinton pour Obama. Si elle n’arrivait pas à renverser cette tendance de fond lors des prochaines échéances, elle s’approcherait dangereusement de la défaite. C’est cette double catégorie d’électeurs qui va jouer le rôle clé du « départage ».

(2°) Un facteur économique : La situation étant peu favorable aux USA et la majorité de la population croyant peu en une amélioration, l’électorat démocrate manifeste plus de crédit à celui qui est le plus marqué à gauche. Or, sur la question essentielle des soins de santé, Clinton est plus à gauche qu’Obama. La première souhaitant instituer un système universel alors que son rival ne se prononce pas favorablement sur une assurance-maladie obligatoire pour tous les américains, mais bien pour un système écartant ceux ne pouvant se l’octroyer; laissant ainsi sur le côté quelques 15 millions de personnes (aujourd’hui 47 millions d’Américains en sont exclus). Si Clinton veut revenir, elle devrait mieux exploiter cet argument. A moins que, malgré ses efforts, son argument de justice social serait incroyablement moins audible face à ceux de son adversaire.

(3°) Le facteur du renouveau : L’argument du manque d’expérience, du manque de connaissance approfondie des arcanes du pouvoir par son rival tant de fois rabâcher par Clinton ne prend pas. Bien plus largement et comme souvent aux Etats-Unis, c’est l’image d’un leader charismatique incarnant la vision la plus en phase avec la société américaine qui l’emporte. Pour l’instant, elle a beaucoup de mal à l’incarner.

McCain diplomatiquement incorrect ?

février 8, 2008

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Traduction en français : « Je suis convaincu qu’à moins que l’Amérique change de cours, nous pourrions devenir la France du 21ème siècle » disait-il. « <La France est> toujours une grande nation, mais <elle> n’est pas le leader du monde, pas la superpuissance. Et pour moi c’est impensable. »

En anglais : «I’m convinced that unless America changes course, we could become the France of the 21st century,» he said. «Still a great nation, but not the leader of the world, not the superpower. And to me that’s unthinkable.»

Et lorsque l’on sait qu’il a le verbe facile et agressif à propos de l’Iran, ça promettrait s’il devenait président !

Un fauteuil pour trois

février 6, 2008

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Le Super Mardi aura finalement débouché sur un nombre plus important de questions que de réponses. Revenons sur les faits, avant de mettre en évidence quelques questions.

Le Parti Démocrate semble littéralement coupé en deux. Hillary Clinton a remporté 7,3 millions de votes (50.2 %) et Barak Obama a obtenu le soutien de 7,2 millions de votants (soit 49.8 %). Obama l’a emporté dans les petits Etats où il a obtenu plus de victoires que sa concurrente (14 contre 8). Clinton l’emporte dans 4 des 5 Etats les plus peuplés. De facto, on s’attend à un combat au finish entre les deux candidats démocrates; l’hypothèse étant de plus en plus vraisemblable de voir les derniers Etats concernés par les primaires départager les deux sénateurs. Le ton risque d’encore un peu plus se durcir entre les deux prétendants à la candidature de la gauche américaine.

Dans le Parti Républicain, la tendance semble plus limpide. John McCain continue son étonnante démonstration de force. Il devance largement ses deux principaux rivaux, Mike Huckabee et Mitt Romney, au point qu’il fasse peu de doute sur sa prochaine désignation comme le candidat de son camp. Même si officiellement on n’est pas encore à ce stade.

Les questions restent nombreuses.

(1°) Qui l’emportera côté démocrate ? Bien malin celui qui arrivera à avancer le bon pronostique. Beaucoup de facteurs relevant de l’actualité nationale comme internationale influenceront les tactiques des candidats. Concomitamment, l’un comme l’autre ne sont pas à l’abri d’un faux pas pouvant coûté cher à celui qui l’effectuera.

(2°) Un ticket Clinton-Obama ou Obama-Clinton (son appellation variant selon la primauté accordée au vainqueur) serait-il envisageable ? Ce qui constituerait en quelque sorte une dream team électorale, d’ailleurs souhaitée par la base du Parti Démocrate. Cette combinaison me semble peu plausible dans le sens Obama-Clinton, le premier symbolisant la fraîcheur dans son parti et a fortiori dans le pays, il est assez improbable qu’il s’allie avec celle qu’il considère rhétoriquement comme son antithèse. Dans le sens contraire, la probabilité me semble assez faible, au regard des dernières petites phrases et des derniers coups bas assénés par les Clinton (mari et femme) à l’encontre d’Obama.

(3°) L’Amérique resterait-elle profondément républicaine ? McCain reste une énigme intéressante et probablement symptomatique de l’évolution politique américaine. Depuis 1980 (année d’élection de Ronald Reagan) et indépendamment des huit années « Clinton », l’Amérique est profondément restée républicaine. Alors qu’il y a encore quelques mois, McCain n’attirait pas plus que ça les projecteurs sur lui, il a réussi à capter l’attention et à cristalliser autour de sa personnalité de quasi franc-tireur républicain l’image d’un leader. Franchement je me demande jusqu’où il ira ! Dans les derniers sondages à configuration nationale gauche/droite, il l’emporterait autant sur Obama que sur Clinton. Nous sommes au premier jour du combat d’un fauteuil pour trois candidats.

Super Tuesday (live with updates)

février 6, 2008

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5h00 : Petite prime aux matinaux ce matin et je prends les paris qu’il y en a peu, c’est serré coté démocrate avec une légère avance pour Clinton. On verra comment la tendance se précise vers 6h30.

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6h40 : Cela s’annonce mal pour Obama, d’autant que Clinton est donnée gagnante pour la Californie, Etat américain qui attribue 441 délégués aux démocrates.

7h30 : Malgré les apparences trompeuses, d’après les spécialistes, les carottes ne seraient pas cuites pour le sénateur de Chicago. Le jeu reste toujours serré. C’est vraiment compliqué comme système. En bref, il semblerait que le Super Mardi ne départage pas les 2 candidats démocrates, malgré un léger avanage pour Clinton.

Last update : Je reviendrais ce soir (vers 23h00? au plus tard) avec un petit commentaire sur ce Super Mardi, qui pourrait avoir comme titre évocateur : Un fauteuil pour trois ! Pour les résultats en forme de tableau, cliquez sur l’image ci-dessous ou ici.

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L’Espoir Obama

février 4, 2008

Barak Obama For President

Pourquoi si j’avais été Américain aujourd’hui, aurais-je voté pour Barack Obama, ce dans l’optique du Super Mardi du 5 février se déroulant dans un des 24 Etats d’Amérique concernés ? Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte et je pourrais les schématiser comme suit en préambule : il y aurait à la fois des raisons de forme et en corollaire des raisons de fond qui expliqueraient ce choix.

Sur la forme, si ce n’est la majorité des observateurs, d’aucuns conviendront que Barack Obama est un brillant orateur. Cela faisait longtemps, depuis Bill Clinton me semble-t-il, qu’on n’avait plus vu de candidat aussi charismatique. Il a une approche de ses dossiers que l’on pourrait qualifier de pragmatique. A tout le moins, pour l’essentiel des affaires qu’il a dû traiter en sa qualité de sénateur de l’Etat de l’Illilois ainsi que pour les sujets qu’il a développé durant sa campagne, Obama s’inscrit dans une logique point guidée par l’idéologie, mais plutôt basée sur des faits tangibles, a contrario d’un certain George W. Bush par exemple.

Sur le fond, il articule son discours sur l’Espoir ! Il veut et il peut redonner à ses concitoyens cette dose de foi en la puissance américaine qui semble leur faire défaut aujourd’hui, pour des raisons que l’on sait, parmi lesquelles : une crise des subprimes minant l’économie américaine et une concurrence de plus en plus accrue des pays « émergents » (Chine, Inde, Brésil,… quoi que pour ces trois Etats cités, on pourrait gommer le caractère « émergent », mais cela mériterait un tout autre message, pardonnez cet égarement).

Outre l’espoir, Barack Obama se veut le symbole du renouveau ! Après plus d’une vingtaine d’années de vie politique dominée par la « dynastie » Bush-Clinton, le candidat Obama veut donner un nouvel élan aux Etat-Unis à la fois en réunifiant un pays fracturé entre la gauche et la droite (quoi que cette fracture est moins importante que celle provoquée par les élections de 2000, les présidentielles de 2004 constituant un « relatif » plébiscite pour Bush) et (pour ce faire) dépasser les clivages partisans en rassemblant une grande majorité des électeurs autour de son projet. Même si son projet reste séduisant et pas des plus éloignés (en terme de programme) de celui de Hillary Clinton, je doute quelque peu de la réalisation, au-delà de la formule, du dépassement des clivages, tellement ceux-ci structurent le modèle américain.

D’un point de vue programmatique, il s’est prononcé en faveur d’une assurance maladie universelle (47 millions d’habitants en sont actuellement exclus), pour la fin de la baisse d’impôts des riches (une mesure appliquée par Bush), pour la régularisation de 12 millions d’immigrés clandestins, pour le développement du biocarburant, pour le retrait des troupes américaines en Irak et pour une nouvelle politique étrangère, résolument multilatéraliste.

Sa jeunesse (n’étant pas synonyme de manque d’expérience politique mais plutôt de rafraîchissement sur la scène politique américaine), son talent, son côté « plus proche des pauvres et des classes moyennes » par rapport à Clinton, son côté « moins centriste ou moins à la droite de sa gauche » (contrairement à Clinton qui est favorable à la peine de mort à au renforcement des contrôles contre l’immigration) lui auraient donné mon adhésion quasi totale à sa candidature. Comme annonciatrice d’une bonne nouvelle, à mettre en parallèle avec ma dernière et très humble analyse, devinez : l’écart se resserre sérieusement entre Obama et Clinton, depuis que John Edwards a jeté l’éponge à la course à l’investiture. Go Barack, go !

Nouvelles américaines

janvier 31, 2008

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Cela bouge outre-atlantique. Hier soir, John Edwards annonçait son abandon dans la course à l’investiture démocrate. Précédemment, les Kennedy proclamaient leur soutien officiel à Oboma. Quant à Jimmy Carter, il apportait au moins son « soutien objectif » à ce dernier en qualifiant sa campagne d’extraordinaire. Je ne reviens pas sur l’appui de John Kerry exprimé il y a plus de deux semaines. La côte d’amour est plutôt bonne pour Barack Obama au sein des ténors de son parti. Pour autant, tout en me montrant objectif au regard des derniers sondages, Obama doit renverser la vapeur face à Hillary Clinton qui la devance de 11 points et en terme de comptabilité électorale, jusqu’à aujourd’hui, la sénatrice de New York a emporté la victoire sur 4 des 6 états ouverts aux primaires. Edwards étant plus à gauche qu’Obama (qu’on pourrait qualifier de modéré) et ce dernier étant plus à gauche que Clinton (centriste), on pourrait assister à une opération de report de voix en faveur d’Obama d’ici au Super Mardi. La course continue pour Barack !

Du côté des républicains, a priori les jeux « semblent » faits. Rudolph W. Giuliani est électoralement hors jeu et il annoncerait prochainement (probablement ce jeudi) son ralliement à John McCain. Il est frappant de voir à quel point Giuliani a perdu énormément de crédit aux yeux de ses électeurs (la situation économique ne l’aidant pas, lui qui tablait sur une stratégie de surf sur la peur du terrorisme). Il passe de plus de 40 % d’intentions de vote en mars 2007 à 13 % à la fin de ce mois ! Il est impressionnant de constater que McCain rafle la mise préférentielle sur toutes les tranches d’âges de son électorat et plus particulièrement sur celle des plus de 55 ans. Jusqu’où ira-t-il ?

Avant le Super Mardi !

janvier 30, 2008

Avant le Super Mardi, décisif dans la désignation des candidats à la Maison Blanche,… la suite est à lire sur l’annonce (cliquez dessus) :

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