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Un vent de gauche souffle sur les municipalités

mars 16, 2008

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Je ne boude pas mon plaisir en écrivant que c’est une vague rose qui déferle sur les municipalités françaises. Le rapport de force gauche/droite est de 49,5%/47,5%. La gauche triomphe dans des villes où elle n’était pas aux commandes : à Amiens, à Caen, à Reims, à Saint-Etienne et surtout à Strasbourg et à Toulouse. D’autres villes conservent leur ancrage socialiste : à Lille (où Martine Aubry est plus qu’honorablement réélue) à Pau (où Bayrou perd son pari) et à Périgueux (où le ministre Xavier Darcos échoue).

Avec la confirmation d’une avance confortable des socialistes à Paris et à Rennes, tout en tenant compte de la ville de Lyon acquise au premier tour, la gauche et le PS l’emporte dans la majorité des grandes villes de plus de 20.000 habitants, la droite conservant uniquement Bordeaux (dès le premier tour) et Marseille.

Trois enseignements s’imposent :

En terme de lecture locale, les grandes villes françaises changent. Ces élections amplifient fortement la légère tendance remarquée aux municipales de 2001 selon laquelle les grandes villes (qui évoluent et) tendent, au travers du vote des électeurs, vers une gestion municipale de gauche. Avec des scores majoritaires dans les grandes villes, victorieux aux cantonales et depuis 2004 gestionnaires dans la quasi totalité des régions, le Parti Socialiste et ses alliés accroissent leur expertise locale. Il reste intéressant de constater que la relation la plus direct (politiquement parlant) élu/électeur leur est favorable.

En terme de lecture nationale, la droite sarkoziste se voit opposer un double avertissement. D’abord, le taux d’abstention est un révélateur important du relatif mécontentement d’une partie de la population lorsque celui-ci reste important. Dans le cas de ces municipales, les 34,5% d’abstentionnistes lancent un signal fort à Nicolas Sarkozy. Ensuite, ce basculement de la majorité municipale d’un camp à un autre n’est pas anodin; je rappelle que 1/3 des électeurs a orienté son vote en fonction d’une lecture nationale du scrutin. Quelles sont les raisons profondes de ce double avertissement : un style présidentiel qui irrite, doublé d’une incapacité à répondre à l’amoindrissement du pouvoir d’achat des classes populaires et d’une partie des classes moyennes ainsi que celui des retraités. Le plus inquiétant est que la droite semble, via les premières réactions de ses leaders, quelque peu minimiser l’impact de ces élections et ne pas entendre les doléances mentionnées ci-dessus.

Pour le Parti Socialiste, ces élections municipales et ces élections cantonales ouvrent l’écriture d’un nouveau chapitre, celui de la confirmation (dans le cas de l’ex candidate Ségolène Royal et celui de l’actuel premier secrétaire François Hollande) ou de la désignation (de Bertrand Delanoe) du nouveau leader du parti. En corollaire, il s’agira de travailler sur le corpus idéologique du parti tout en clarifiant son orientation en répondant à la question suivante : le PS doit-il tendre vers le centre-gauche ou marquer un positionnement de « gauche moderne » à la fois unie, sociale, écologiste, moderne et dépourvue de discours ambigu.

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Un peu, beaucoup, passionnément (de gauche) ?

mars 9, 2008

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La France et l’Espagne étaient les deux pays à surveller de près en Europe d’un point de vue électoral via respectivement des élections municipales et des élections législatives.

En France, on est dans le registre du un peu préfigurant peut-être le beaucoup (comprenez la vague rose) ! Le premier tour conserve son lot de variables intéressantes à analyser. Même si on ne peut pas se prononcer de façon définitive sur les résultats de ces élections, la gauche confirme une bonne poussée dans plusieurs grandes villes. Le maire socialiste sortant Gérard Collomb est victorieux à Lyon. La ville de Rouen bascule en étant remportée au premier tour par la députée socialiste Valérie Fourneyron. La gauche a la faveur des électeurs, comprenez qu’elle est en ballottage favorable, dans différentes grandes villes française telles que Paris, Lille, Strasbourg, Rennes, Caen et Reims. L’incertitude reste de mise tellement les écarts sont minimes entre les deux camps à Marseille, Toulouse, Saint-Etienne et Pau.

Que peut-on tirer comme premiers enseignements : 1°) La gauche profite d’une poussé municipale réelle et non négligeable (au contraire de la tentative de minimisation de la droite, mais cela relève du jeu politique). 2°) Même si les enjeux locaux ont lourdement pesé sur chaque ville, il faut souligner que presque un tiers des français ont voté en terme national plutôt que local. 3°) De facto, l’un dans l’autre, on peut entrevoir au travers de ce premier tour le début d’un désaveux de la politique sarkozyste. Celui-ci sera infirmer ou confirmer au travers des résultats du second tour. 4°) Le MoDem de François Bayrou jouera encore un rôle d’arbitre dans beaucoup de villes où rien n’est joué. A priori, Bayrou ne semble pas prêt à s’orienter sur sa droite ou sur sa gauche. Il joue le remake de 2007 en ne donnant pas de consignes de vote et en privilégiant les éventuelles unions en fonction de la situation locale. Le second tour nous permettra d’y voir plus clair et d’affiner le propos dans se qui pourrait être le second signal d’alerte envoyé par les Français à Nicolas Sarkozy, consécutif aux mécontentements nationaux perceptibles via le climat social (grèves, manifestations,…) et le dévissage de sa côte de popularité. 5°) A noter un phénomène intéressant dans ce type d’élections, les percées du parti d’extrême gauche d’Olivier Besancenot : la LCR.

Côté espagnol, la tendance est a priori passionnément rouge ! Au moment où j’écris ces lignes, les socialistes (PSOE) de José Luis Zapatero l’emporterait sur la droite. A priori, un second succès pour Zapatero que je commenterais plus largement dans la nuit de mardi à mercredi.