Archive for mars 2008

Le top five de Thomas Ngijol

mars 30, 2008

Qui a dit que ce blog ne traitait que de politique ?

Pas moi et en plus cela est faux ! Humm, presque faux ;-p

Ce soir, la preuve en est via ce dernier message concernant Thomas Ngijol ! Il est dans sa deuxième année de service sur Canal+ dans Le Grand Journal. Pour cette saison 2007-2008, ce membre du Jamel Comedy Club qui au fil des jours ne cesse de se faire un nom est talentueusement accompagné de sa bande de musiciens : la Brigade anti-bide ! Toutes les stars et/ou le star-système passent au crible de son humour décapant. Mais un blog répertoriant ses prestations en vidéos s’il vous plaît vaut mieux que quelques phrases. Sur ce, je vous invite à cliquer ici et … roule ma poule !

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Secrétaire d’Etat

mars 26, 2008

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S

Secrétaire d’Etat : expression masculine désignant un membre du gouvernement sous la tutelle d’un ministre, se voyant octroyer une ou plusieurs compétentes spécifiques sur lesquelles il exerce son autorité.

Commentaire : La définition est simple et dépourvue d’ambiguïté. Pourtant, en Belgique, à la suite de la formation de notre gouvernement, celle-ci semble avoir fait l’objet en pratique d’un contournement bizarre. Il est à mettre à l’actif de la droite francophone (le MR). Soucieuse à la fois de maintenir aux yeux de son électorat une influence politique au sein du gouvernement et de satisfaire chaque composante interne au parti, le MR a flanqué au gouvernement belge deux pseudos secrétaires d’Etat. Le premier, Monsieur Bernard Clerfayt (en photo) a été nommé secrétaire d’Etat adjoint au ministre des Finances; le ministre n’étant autre que son chef de parti Didier Reynders. Autant dire que la marge de manoeuvre de Clerfayt est des plus étroites (euphémisme ?) et que si on devait suivre cette logique à la lettre, beaucoup de numéros deux de ministères devraient monter au rang de secrétaire d’Etat. Autre bizarrerie droitière : la nomination d’Olivier Chastel à la fonction de secrétaire d’Etat chargé de la Préparation de la présidence européenne. Ici encore, pour le dire trivialement, la ficelle est grosse. Car, qu’adviendra-t-il de ce secrétaire à la fin de ladite Présidence.

Artifice, vous avez dit artifice. La complexité du jeu politique belge à pour pendant, parfois, le fait de laisser des plus perplexes d’aucuns de ses observateurs (dont je fais humblement partie).

L’affaire Charles Chatman ou l’importance de l’ADN

mars 25, 2008

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Charles Chatman (48 ans) et son avocat constituaient la première partie de la réponse à la question de jeudi. Charles Chatman a passé 27 longues années en prison. Il a croupi en cellule pour un viol qu’il a clamé ne jamais avoir commis et que la science a pu démontrer en abondant dans le sens du condamné, ce grâce à l’analyse de son ADN. Il a été officiellement disculpé le 27 février 2008.

Ainsi, il est le quinzième prisonnier à avoir été innocenté à la suite de tests de ce genre depuis 2001. Il doit également en partie sa disculpation au juge John Creuzo (en photo, de dos dans les bras de Chatman). Ce dernier a décidé de sa libération le 3 janvier, sur la base des tests ADN. Il est intéressant de voir le rôle tendant vers la prépondérance que jouent ces tests dans le rendu de justice, autant en terme de premier jugement que dans celui de sa révision.

Léopard !!!

mars 25, 2008

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C’est à cause de cet animal désignant un logiciel dont je ne donnerai pas la marque ici (cette dernière faisant mieux la pub que moi ici) que je n’ai pas pu donner la réponse à la devinette de la semaine passée. Rendez-vous ce mardi pour les plus assidus. Je reviendrai aussi sur la notion de secrétaire d’Etat qui fait fureur actuellement en Belgique.

P.-S. : Message perso ==> Grazie mille Aless 😉  Grrrrrrr !!!

Obama en difficulté

mars 21, 2008

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Que se passe-t-il aux Etats-Unis depuis le dernier message posté sur ce blog. Que de suspens ! Hillary Clinton a réussi à renverser la tendance. Elle a été victorieuse dans trois des quatre Etats conviés aux primaires démocrates du 4 mars, parmi lesquels les plus importants : l’Ohio et le Texas. Mieux, elle a réussi à passer outre les facteurs qui pouvaient précipiter sa chute. Par rapport au facteur générationnel, elle a réussi à fortement mobiliser et à emporter le vote des plus de 60 ans. Barak Obama a conservé son soutien chez les 18 – 29 ans et chez les 30 – 49 ans, mais cela n’a pas suffit. Pour ce qui est du facteur économique, Hillary Clinton a su se montrer plus convaincante et elle a réussi à capter de façon très favorable le vote ouvrier. A priori, le facteur du renouveau n’a pas cette fois-ci plus joué en la faveur d’Obama que de Clinton.

A la suite de ces élections, Obama a continué à remporter des Etats (le Wyoming et le Mississippi). Malgré sa légère avance sur sa rivale et au train où se déroule la campagne, beaucoup d’observateurs émettent l’avis d’un probable règlement de la candidature lors du vote des supers-délégués, ces 795 grands électeurs qui sont censés (à moins d’une énorme surprise) transposer quasi mécaniquement le choix majoritaire des votants des Etats qu’ils représentent, durant la Convention Nationale Démocrate qui se tiendra du 25 au 28 août à Denver. A fortiori, ce au plus tard sans attendre la Convention, nous connaîtrions officieusement le nom du candidat Démocrate à l’aune de la dernière primaire qui se tiendra le 7 juin à Porto Rico.

Ainsi l’incertitude reste de mise. D’autant que la courbe des intentions de vote entre Obama et Clinton continue à faire des chassés-croisés, la dernière étant actuellement favorable à l’ancienne First Lady. Mais je ne cesserais jamais assez de le répéter, l’inhérente volatilité des sondages étant ce qu’elle est,… prudence !

Cette campagne est longue et elle est marquée par une hyper médiatisation propre à la société américaine. Les tensions et la rudesse des propos échangés entre les deux candidats sont réels. Pour ne rien arranger, dans le registre de la dramatisation, Obama qui semblait être en odeur de sainteté médiatique se voit questionné par la presse sur des sujets d’ordre religieux et/ou communautaires. Cette investigation serait-elle fomenté par le clan Clinton ? Nul ne le sait. Toujours est-il que le dernier exemple en date aurait pu être particulièrement gênant pour Monsieur Obama. La presse lui demandait de clarifier sa position à l’égard de son ancien pasteur, le révérend Jeremiah Wright (de la Trinity United Church of Christ à Chicago), ce dernier ayant prononcé un discours raciste à l’égard de la communauté blanche en appuyant son propos par un retentissant « Dieu maudisse l’Amérique ».

A tout cela, Obama a apporté une réponse a priori importante. Le 18 mars, il a prononcé un discours que d’aucuns considèrent comme le meilleur qu’il ait exposé durant sa carrière. Il a fermement condamné les mots employés par son ancien pasteur et il a mis clairement et intelligiblement en évidence une Amérique blanche et noire, multiraciale, pourfendant et bannissant ainsi le racisme. Dans une interview accordée à Anderson Cooper (CNN), il a maintenu son propos, pis il a enfoncé le clou en répondant à son intervieweur « Je pense absolument qu’une partie de son propos était antipatriotique ou contraire à l’intérêt américain (unamerican). » Sur cette affaire, sa rhéthorique est sans équivoque tout en restant subtile. Car en disant cela, il ne coupe pas définitivement les ponts avec l’homme à qui il doit beaucoup en terme d’apport spirituel.

Cette nouvelle séquence met une lumière crue sur des problèmes de fonds, ceux de la discrimination, que (espérons-le) un des deux candidats démocrates s’emploiera à réduire, dans le cas bien entendu où l’une ou l’autre soit élu président. L’un des meilleurs éditorialistes du New York Times, Nicholas D. Kristof ne s’y trompe pas en affirmant dans sa dernière chronique (datée du 20 mars) que : « Tout ceci démontre qu’un dialogue national sur la race est douloureux, maladroit et essentiel. Et ce dialogue ne doit pas se focaliser sur des morceaux de vieux sermons de Monsieur Wright mais sur des défis bien plus pressants – par exemple, celui-ci : environ la moitié des hommes noirs ne reçoivent pas un diplôme du secondaire. »

En guise de conclusion personnelle, je reste persuadé qu’avec Barak Obama élu à la présidence, les Etats-Unis entreraient (en terme de politique intérieur) dans une nouvelle ère, celle d’une Amérique plus généreuse, transcendant les aspects communautaires et tendant vers une réduction des discriminations et des inégalités sociales. Pourvu que cet épisode lui permette de rebondir très prochainement.

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P.-S. : Pour multiplier les angles, je vous recommande chaleureusement le dernier post de Laurent Bouvet : cliquez ici.

A vous !

mars 20, 2008

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A votre avis, qui sont-ils et que manifestent-ils ? La bonne réponse, je la donnerai lundi. Pour plus de netteté, cliquez sur l’image et ce sera à vous de jouer !

Belgique : fin de la phase transitoire

mars 19, 2008

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Cette fois ça y est, on peut l’écrire sans ambages : nous aurons un gouvernement définitif dès le 22 mars au soir. En effet, les différents partis (CD&VN-VA, VLD, MR, CDH et PS) membres de ce qui fait encore office aujourd’hui de gouvernement provisoire se sont entendus sur un accord fondé sur le minimalisme. Cet accord fera l’objet d’un vote de confiance au Parlement ce samedi. Auparavant, il aura été plus que probablement approuvé à la majorité après sa lecture (ce jeudi 20 mars) par notre futur nouveau Premier ministre Yves Leterme (en photo).

Pour autant, pas de quoi pleinement pavoiser. Le futur gouvernement à couché sur papier les grandes lignes de son action dans les mois et les années à venir. De fait, il n’a pas su détailler et il n’a point chiffré sa politique. Les principes étant acquis, les mécanismes permettant leur application concrète feront l’objet d’un savant mélange de négociations et d’arbitrages. Une vision de gauche s’opposera à une vision de droite en matière de réforme fiscale, qui est a fortiori l’indispensable levier dans la lutte contre la baisse du pouvoir d’achat. Comment atteindre 200.000 emplois en 4 ans, au-delà du simple fait de s’appuyer sur les résultats attendus de la croissance ? En parallèle à ces deux défis, les négociations sur la réforme de l’Etat se poursuivront, avec pour épilogue la présentation (en juillet) de son second volet par les personnes qui l’auront élaboré. La réforme fiscale, la réduction du chômage et la réforme de l’Etat sont les trois obstacles sur lesquelles nos gouvernants ne peuvent pas buter, sous peine de vivre une crise encore plus grande que celle connue précédemment.

Espérons que nos gouvernants méditeront moult fois le propos de Caroline Gennez (la présidente du SP.A, le groupe des socialistes flamands qui sera dans l’opposition) et qu’ils s’en inspireront dans chacun de leurs actes posés au travers de ce nouveau gouvernement : « Je ne veux pas la fin de la Belgique. Je veux un pays qui reste fort, un Etat solide, pour gérer tous ensemble ce qu’on appelle la « question sociale », la solidarité, la Sécu, les pensions à venir. Moi, j’aime ce pays, avec Bruxelles, capitale européenne ouverte à tous. Nous serions stupides de sacrifier tout ça. »*

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*Propos provenant d’un entretien qu’elle a accordé au Soir daté du mardi 18 mars 2008.

Messieurs les « maîtres » du monde, faites grand cas du Tibet !

mars 18, 2008

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80 morts au Tibet ! 80 morts et aucun dirigeant de premier plan n’ose brandir la menace du boycott des Jeux olympiques si et seulement si les parties concernées, le gouvernement chinois et les représentants de la région tibétaine, ne se mettaient pas très vite autour d’une table pour discuter d’un octroi de compétences au Tibet. Cela lui assurerait ainsi une certaine autonomie au sein de la Chine; l’indépendance semblant plus que difficilement envisageable, cette région constituant 1/8ème du territoire chinois. Malheureusement, les intérêts économiques colossaux qu’engendrent cette compétition pèse plus lourd que la vie des femmes et des hommes. Combien de morts faudra-t-il pour inverser cette tendance ?

En terme de pression, encore (!), la communauté internationale fait fi de l’usage de son meilleur levier. Certes, beaucoup diront qu’aller au bout de cette logique serait déraisonnable, dans le cas où la Chine ne manifesterait aucun signe de bonne volonté. Cela étant, au regard de la suspicion croissante pesant sur le monde du sport professionnel, ne serait-ce pas faire preuve d’un peu plus de moralité dans ce monde tournant décidément à l’envers. On assisterait au retour de la moralité à deux niveaux, primo en remettant les droits de l’hommes sur le piédestal censé lui être réservé, secundo en sanctionnant un monde du sport où (finalement) la triche est tacitement acceptée.

Croire que les Jeux favoriseront la démocratie en Chine est un leurre. Ceux-ci ne flatteront que l’ego national et ils serviront la propagande hégémonique des gouvernants, celle d’un pays qui sera le phare économique et diplomatique des premières décennies du 21ème siècle, sur lequel aucun Etat ne pourra dicter sa loi. Messieurs les « maîtres » du monde, démontrez nous plus d’humanité et de moralité !

Quand Fabius fait son Besancenot

mars 17, 2008

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Lorsque cela arrive, honnêtement c’est savoureux. Rappelez-vous, peu avant le scrutin des municipales, Olivier Besancenot appellait les électeurs à « envoyer une claque à la droite ». Ce dimanche soir, si mes souvenirs sont bons sur France 2, Laurent Fabius (lui aussi) ne boudait pas son plaisir en adressant familièrement à l’endroit de ses adversaires politiques la phrase suivante : « Ce soir, vous avez pris une pile », autrement dit vous avez pris une belle raclée.

P.-S. : « L’analyse » de la situation tient toujours et elle précède ce message.

Un vent de gauche souffle sur les municipalités

mars 16, 2008

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Je ne boude pas mon plaisir en écrivant que c’est une vague rose qui déferle sur les municipalités françaises. Le rapport de force gauche/droite est de 49,5%/47,5%. La gauche triomphe dans des villes où elle n’était pas aux commandes : à Amiens, à Caen, à Reims, à Saint-Etienne et surtout à Strasbourg et à Toulouse. D’autres villes conservent leur ancrage socialiste : à Lille (où Martine Aubry est plus qu’honorablement réélue) à Pau (où Bayrou perd son pari) et à Périgueux (où le ministre Xavier Darcos échoue).

Avec la confirmation d’une avance confortable des socialistes à Paris et à Rennes, tout en tenant compte de la ville de Lyon acquise au premier tour, la gauche et le PS l’emporte dans la majorité des grandes villes de plus de 20.000 habitants, la droite conservant uniquement Bordeaux (dès le premier tour) et Marseille.

Trois enseignements s’imposent :

En terme de lecture locale, les grandes villes françaises changent. Ces élections amplifient fortement la légère tendance remarquée aux municipales de 2001 selon laquelle les grandes villes (qui évoluent et) tendent, au travers du vote des électeurs, vers une gestion municipale de gauche. Avec des scores majoritaires dans les grandes villes, victorieux aux cantonales et depuis 2004 gestionnaires dans la quasi totalité des régions, le Parti Socialiste et ses alliés accroissent leur expertise locale. Il reste intéressant de constater que la relation la plus direct (politiquement parlant) élu/électeur leur est favorable.

En terme de lecture nationale, la droite sarkoziste se voit opposer un double avertissement. D’abord, le taux d’abstention est un révélateur important du relatif mécontentement d’une partie de la population lorsque celui-ci reste important. Dans le cas de ces municipales, les 34,5% d’abstentionnistes lancent un signal fort à Nicolas Sarkozy. Ensuite, ce basculement de la majorité municipale d’un camp à un autre n’est pas anodin; je rappelle que 1/3 des électeurs a orienté son vote en fonction d’une lecture nationale du scrutin. Quelles sont les raisons profondes de ce double avertissement : un style présidentiel qui irrite, doublé d’une incapacité à répondre à l’amoindrissement du pouvoir d’achat des classes populaires et d’une partie des classes moyennes ainsi que celui des retraités. Le plus inquiétant est que la droite semble, via les premières réactions de ses leaders, quelque peu minimiser l’impact de ces élections et ne pas entendre les doléances mentionnées ci-dessus.

Pour le Parti Socialiste, ces élections municipales et ces élections cantonales ouvrent l’écriture d’un nouveau chapitre, celui de la confirmation (dans le cas de l’ex candidate Ségolène Royal et celui de l’actuel premier secrétaire François Hollande) ou de la désignation (de Bertrand Delanoe) du nouveau leader du parti. En corollaire, il s’agira de travailler sur le corpus idéologique du parti tout en clarifiant son orientation en répondant à la question suivante : le PS doit-il tendre vers le centre-gauche ou marquer un positionnement de « gauche moderne » à la fois unie, sociale, écologiste, moderne et dépourvue de discours ambigu.

I’m a lonesome belgian,…

mars 13, 2008

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A la devinette précédent ce message, il fallait répondre : il s’agit d’une image qui a pour but de promouvoir une image (plus?) attractive de la Belgique pour les investisseurs étrangers. Croyez-vous que 6 mois sans gouvernement ont contribué (voire ont poussé) au lancement de cette opération de charme ? Pour plus d’informations, cliquez ici !

Qu’est-ce ?

mars 12, 2008

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Une devinette : A quelle fin est utilisée cette image et pourquoi ? La réponse est prévue dans la nuit de jeudi à vendredi 😉

Zapatero II

mars 12, 2008

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Ce n’est pas la majorité absolue qu’il obtient, mais le socialiste José Luis Zapatero (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) se voit octroyer de la part des électeurs un second mandat important. Sur base d’un bilan économique intéressant (une croissance oscillant entre 3 et 4 % durant son mandat), d’une baisse significative du chômage (de 11,5 millions à 8,6 millions), de prises d’initiatives courageuses (la promotion de la parité, la régularisation massive des immigrés,…), Zapatero a su insuffler à son pays de nouvelles raisons de croire et de se projeter en un avenir meilleur.

Cette victoire marque clairement une accentuation de la bipolarisation de l’échiquier politique espagnol. Le PSOE remporte au Congrès 169 députés (+ 5) sur 350; contre 153 (+5) pour le Parti Populaire (PP / droite). Cela au détriment des petits partis. A ce propos, Zapatero ne pourra pas se passer du parti nationaliste basque (PNV) et/ou du parti nationaliste catalan (CiU) pour faire adopter par le Parlement des réformes importantes, les voix de son allier traditionnel l’IU (la Fédération écolo-communiste) ne suffisant pas à la constitution d’une majorité confortable (comprenez absolue).

La situation économique actuelle s’essoufflant, l’économie espagnole s’appuyant largement sur le développement immobilier (construction + vente) et le tourisme, Zapatero devra lutter contre une baisse du PIB prévue pour 2008, une remontée du chômage et un pouvoir d’achat qui s’érode. Il devra également permettre à l’Espagne d’évoluer avec son temps en investissant d’une façon plus importante que jamais dans le domaine de l’enseignement et celui de la recherche. Il s’y est engagé durant la campagne des législatives. Enfin, Zapatero aura aussi à répondre à la question d’autonomie des régions (le modèle confédéral et le modèle fédéral s’affronteront). Nul doute qu’il s’agit bien du dossier le plus brûlant et le plus passionnel qui demandera à lui et à son gouvernement un sens particulièrement « aigu » de la juste mesure.

Un peu, beaucoup, passionnément (de gauche) ?

mars 9, 2008

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La France et l’Espagne étaient les deux pays à surveller de près en Europe d’un point de vue électoral via respectivement des élections municipales et des élections législatives.

En France, on est dans le registre du un peu préfigurant peut-être le beaucoup (comprenez la vague rose) ! Le premier tour conserve son lot de variables intéressantes à analyser. Même si on ne peut pas se prononcer de façon définitive sur les résultats de ces élections, la gauche confirme une bonne poussée dans plusieurs grandes villes. Le maire socialiste sortant Gérard Collomb est victorieux à Lyon. La ville de Rouen bascule en étant remportée au premier tour par la députée socialiste Valérie Fourneyron. La gauche a la faveur des électeurs, comprenez qu’elle est en ballottage favorable, dans différentes grandes villes française telles que Paris, Lille, Strasbourg, Rennes, Caen et Reims. L’incertitude reste de mise tellement les écarts sont minimes entre les deux camps à Marseille, Toulouse, Saint-Etienne et Pau.

Que peut-on tirer comme premiers enseignements : 1°) La gauche profite d’une poussé municipale réelle et non négligeable (au contraire de la tentative de minimisation de la droite, mais cela relève du jeu politique). 2°) Même si les enjeux locaux ont lourdement pesé sur chaque ville, il faut souligner que presque un tiers des français ont voté en terme national plutôt que local. 3°) De facto, l’un dans l’autre, on peut entrevoir au travers de ce premier tour le début d’un désaveux de la politique sarkozyste. Celui-ci sera infirmer ou confirmer au travers des résultats du second tour. 4°) Le MoDem de François Bayrou jouera encore un rôle d’arbitre dans beaucoup de villes où rien n’est joué. A priori, Bayrou ne semble pas prêt à s’orienter sur sa droite ou sur sa gauche. Il joue le remake de 2007 en ne donnant pas de consignes de vote et en privilégiant les éventuelles unions en fonction de la situation locale. Le second tour nous permettra d’y voir plus clair et d’affiner le propos dans se qui pourrait être le second signal d’alerte envoyé par les Français à Nicolas Sarkozy, consécutif aux mécontentements nationaux perceptibles via le climat social (grèves, manifestations,…) et le dévissage de sa côte de popularité. 5°) A noter un phénomène intéressant dans ce type d’élections, les percées du parti d’extrême gauche d’Olivier Besancenot : la LCR.

Côté espagnol, la tendance est a priori passionnément rouge ! Au moment où j’écris ces lignes, les socialistes (PSOE) de José Luis Zapatero l’emporterait sur la droite. A priori, un second succès pour Zapatero que je commenterais plus largement dans la nuit de mardi à mercredi.

Emmanuel Mouret

mars 4, 2008

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Il n’est pas facile de revenir sur un sujet plus léger tel que le cinéma, surtout après les différents sujets traités précédemment. Cela l’est encore moins lorsque l’auteur de ce message décide de traiter d’un réalisateur au travers de ses deux derniers films les plus aboutis jusqu’à aujourd’hui.

Emmanuel Mouret ! Pour certains, ce nom reste encore insignifiant. Pour d’autres, il n’évoque peut-être qu’un vague souvenir. Enfin, pour les plus avertis, cela n’engage donc que moi et plusieurs inconditionnels, Emmanuel Mouret est le « diamant brut » d’un genre cinématographique : la comédie romantique à la française. Après le remarquable Changement D’adresse, il nous est revenu en Belgique (deux mois de retard par rapport à la France, merci !) avec son dernier opus : Un Baiser S’il Vous Plaît. Il s’agit d’un film tout en finesse. L’intelligence d’écriture de l’auteur-réalisateur-acteur est à nouveau au rendez-vous. D’ailleurs ce n’est pas Olivier De Bruyn (Première) qui me contredira, surtout à la lecture de la dernière phrase (élogieuse) de sa critique : « La suite, s’il vous plaît! »

L’histoire en quelques mots : deux « meilleurs » amis (un homme et une femme) sont chacuns engagés dans une relation amoureuse. Le meilleur ami veut obtenir un baiser de son alter ego. Au travers de cette envie, Mouret porte à la réflexion du spectateur, sans une tentative d’imposer son opinion, la question suivante : Y a-t-il une frontière entre l’amitié et l’amour ? En corollaire à celle-ci, l’amitié homme/femme existe-t-elle ? Ce thème unverselle est très bien transposé à l’écran, même si la première partie du film me semble moins bien travaillée que la seconde. Autrement dit, Mouret passe de la pure narration classique dans le genre, parfois un peu trop légère à (et c’est là son tour de force) l’art maîtrisée de la tragi-comédie. Le film est porté par des actrices talentueuses : Virginie Ledoyen (sublime), Julie Gayet, Frédérique Bel et de bons acteurs Mouret, Michaël Cohen et Stefano Accorsi.

Les Français tiennent enfin leur « Woody Allen à la française »! Par ailleurs, ma surprise a été grande de constater que depuis sa sortie (le 13 février), Un Baiser S’il Vous Plaît n’est distribué que dans deux cinémas à Bruxelles : l’Arenberg et le Vendôme. Alors que Changement D’adresse était mieux favorisé (notamment via l’UGC).

Annonce 3

mars 3, 2008

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Promis, mardi, il y aura du cinéma sur le blog. Quant à ma critique sur N.S. elle se fait attendre. Un peu de patience chère lectrice et cher lecteur, elle arrive, mais pour quand !?

Sortie de crise au Kenya

mars 2, 2008

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On ne peut que se réjouir de cette excellente nouvelle provenant tout droit du Kenya et parue dans la presse dès vendredi. Kofi Annan a réussi à arracher un accord de paix entre le Président Mwai Kibaki (Kikuyu) et son opposant Raila Odinga (Luos). Celui-ci prévoit un partage du pouvoir entre le président contesté pour des fraudes aux dernières élections et son adversaire à ces mêmes élections.

Kibaki conserverait la plus haute responsabilité de l’Etat. Odinga se verrait octroyer une fonction de Premier ministre, qui n’existe pas dans l’actuelle constitution. Pour y parvenir, cette dernière sera soumise à révision via amendements qui seront votés par le Parlement le 6 mars. Il était temps d’arriver à pareille solution car la situation politique et sociale semblait, chaque jour passant, de plus en plus incertaine. D’autant que le rapport du 21 février portant sur la question kenyane de l’International Crisis Group n’était pas des plus rassurants. Celui-ci prévoyait, en cas de non arrangement de la crise, un élargissement de la situation de violence dans la province de la côte (cf. les pages 15 et 16 du rapport ayant pour titre « Coast Province: The next theatre of violence?).

Au-delà de ce partage du pouvoir, les Kenyans seront amenés à trouver de nouvelles solutions dans la lutte contre les inégalités qui sont importantes dans ce pays. Le Kenya ne peut se permettre une nouvelle crise. Car comme le soulignait très bien la conclusion du rapport cité plus haut : « Le Kenya est la plate-forme pour des opérations de soutien en Somalie et au Soudan, un asile pour des réfugiés dans toute de la région, un entrepôt régional, et une ancre principale pour la stabilisation à long terme du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi. La paralysie de son infrastructure priverait ces pays de l’accès aux produits de base, réduirait les opportunités commerciales, entraverait l’investissement extérieur et entraînerait une détérioration de la croissance économique . »